En raison des circonstances exceptionnelles liées au Covid 19, Boomerang vous propose de redécouvrir certains de ses plus grands entretiens. Aujourd'hui, le photographe Raymond Depardon, reçu par Augustin Trapenard en septembre 2017.

Le photographe Raymond Depardon
Le photographe Raymond Depardon © AFP / EITAN ABRAMOVICH

Il est l'un de nos plus grands photographes, et l'un des maitres du film documentaire. On lui doit notamment le film de campagne de Valery Giscard d'Estaing en 1974, et le portrait officiel du Président François Hollande. En septembre 2017, il s’exposait à la Fondation Henri Cartier Bresson. Raymond Depardon était dans Boomerang.

Le mot d'Augustin 

Je me souviens que chacune de ses phrases avait quelque chose à voir avec une image. Un cadre, une lumière, un déclic. À chaque fois qu’il parlait de lui, de ses parents, de son parcours, de ses douleurs ou de ses gloires : c’était par le prisme de son art. Avec la conscience que tout s’était joué un peu par hasard. Au début, j’y avais vu de la modestie, ou même une certaine coquetterie - mais au fil de l’entretien, cela m’était apparu comme une philosophie de vie. Il s’étonnait toujours de ses aventures plus folles les unes que les autres, du succès de certaines photos, de ses traversées humaines et artistiques. Rien n’aurait dû arriver. Comment l’expliquer ? Je me souviens qu’à un moment, il m’avait touché, quand il était revenu sur ses origines rurales : sur l’élégance, la sagesse et la droiture du caractère paysan. Il parlait de doute et de morale, toujours, dans le choix d’un objectif, d’un sujet ou d’un détail. Il insistait sur ses échecs, dans la vie comme dans l’art, comme si c’était la clef de son histoire. Et il y avait toujours une image à la clef, un exemple graphique, un regard. Je me souviens de son regard.

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