Réalisatrice, résolument engagée, elle explore les silences de nos identités et de notre mémoire collective. "Sœurs", son nouveau film avec Isabelle Adjani notamment, sort la semaine prochaine. Yamina Benguigui est l'invitée d'Augustin Trapenard.

Yamina Benguigui au Festival du film d'Angoulême en 2019
Yamina Benguigui au Festival du film d'Angoulême en 2019 © Maxppp / Dequier Loïc

Depuis ses débuts dans le cinéma documentaire il y a vingt-sept ans, elle nous parle de femmes, de mémoire et de récits. Dans "Soeurs", elle réunit Isabelle Adjani, Rachida Brakni et Maïwenn, et nous raconte l'histoire de trois femmes, d'origine algérienne, nées en France, confrontées à la violence de leur histoire familiale. Yamina Benguigui est dans Boomerang. 

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Extraits de l'entretien

"Dans l'histoire de ma famille, l'autorité du père est très particulière parce que les pères portent le poids de l'histoire de l'émancipation de l'Algérie. S'émanciper du père, c'est alors s'émanciper de l'histoire..."

"Quand j'ai commencé à faire du documentaire, c'est parce qu'il y avait une urgence à dire, à expliquer notre histoire par des images. Mais le hors-champ m'a rattrapée, et j'ai eu besoin de faire de la fiction"

"En France, même si vous êtes né ici, on vous répète que c'est un ''pays d'accueil''... Mais ce terme implique toujours qu'après avoir été accueilli, viendra le moment où il faudra partir. Ne pourrait-on pas trouver un autre terme ?"

"Dans Soeurs, j'ai revêtu le manteau magique de la fiction. J'ai entouré le réel avec des éléments fictionnés, mais le point de départ est réel. Ca m'a permis d'explorer ma mémoire et mes souvenirs"

"Dans ma famille nous n'avons pas la culture du divan, parler c'est trahir. Le poids du groupe, du pays d'origine, est toujours très puissant : pour les enfants d'immigrés, ce ''là-bas'' dont on ne sait rien nous entoure toujours"

"Je voulais que toutes les actrices de Soeurs soient franco-algériennes, pour toucher une vérité chez elles. C'est sans doute mon obsession du documentaire qui a ressurgi : ce film est aussi un documentaire sur ces trois comédiennes"

Carte blanche

Pour sa carte blanche, Yamina Benguigui a demandé à Isabelle Adjani de lire un extrait d'Antigone de Jean Anhouil.

3 min

Carte de blanche de Yamina Benguigui : un extrait d'Antigone de Jean Anhouil lu par Isabelle Adjani

Par France Inter

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  • Souad Massi - Khalouni
  • Laura Cahen - La jetée
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