Avec "Frères d’âmes", Goncourt des lycéens à sa sortie, il a remporté le prestigieux Booker Prize et figure désormais sur la liste des livres d'été conseillés par Barack Obama ! Son nouveau roman vient de paraître. L'écrivain David Diop est l'invité d'Augustin Trapenard.

David Diop
David Diop © AFP / JOEL SAGET

La porte du voyage sans retour, son troisième roman vient de paraître. C’est autant le récit du périple d’un scientifique au Sénégal au milieu du XVIIIe siècle, que celui d’un amour impossible. Un livre de regards, d’aventure et de mémoire. David Diop est dans Boomerang. 

Extraits de l'entretien

"La littérature réduit la distance qui nous empêche d’aller vers l’autre, car elle ouvre des portes, elle permet de voyager. En montrant que la vérité est nuancée, elle déconstruit toutes les radicalités qui font peur."

"Tout petit, j’ai construit mon regard sur le Sénégal. J’y ai été aimé. Aujourd’hui, la littérature me permet de lier deux sensibilités culturelles, de réunir deux parts de moi qui ne sont pas antinomiques."

Je suis hanté et habité par des textes, par des mots. J’ai construit en moi des cathédrales, des mosquées de mots. 

"Les contes d’Amadou Koumba ont bercé mon enfance et nourrissent mes textes aujourd’hui."

Carte blanche

Pour sa carte blanche, David Diop a écrit un poème inédit : 

"Une mousse de boucles brunes cerne

Ton regard offert au ciel.

Le couchant rosit tes lèvres

Et des nacres turquoise s’honorent

De teinter à tes poignets.

Offrande du temps, tu es la sœur

De notre bisaïeule, l’Ève première.

Offrande du monde, tu es Matière,

La fille somnambule du feu,

De l’eau pariétale, de l’air irisé

Et des magmas telluriques.

Tu es l’écho du Verbe primitif qui prononçait

L’éclosion claire des montagnes

Et celle des fleurs d’un jour.

Dans tes yeux se lèvent

Des millions d’aubes brumeuses

Sur des amazonies carnassières

Hantées par des bêtes géantes.

Dans tes yeux s’évaporent

Des soleils innombrables

Sur des déserts de sable bleu,

Jadis forêts de plaqueminiers.

Belle enfuie aux paupières sidérales,

Étendue sous la voute d’Orient,

Mains frontales et fleur de souffle

En toi gisent ces milliers d’êtres

Qui t’ont donnée, ces fruits mystérieux

D’immémoriales étreintes, de soupirs enlacés.

Et ton rire à corps déployé les ressuscite un à un

Depuis la fauve origine du monde."   

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Carte blanche - Un poème inédit de David Diop

Par Augustin Trapenard

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