Romancière et scénariste, elle écrit l’intime, le lien et la mémoire. "La carte postale", son sixième roman, figure sur la première liste du Goncourt, du Renaudot et du Femina. Anne Berest est l'invitée d'Augustin Trapenard.

Anne Berest au Festival du cinéma américain de Deauville en septembre 2020
Anne Berest au Festival du cinéma américain de Deauville en septembre 2020 © AFP / Loic VENANCE

La carte postale, c’est une enquête aussi glaçante que palpitante sur les traces de sa famille maternelle, de la Russie jusqu’au camps de la mort, en passant par la France, au gré de laquelle une femme, hantée par des fantômes, s’interroge sur son identité. Anne Berest est dans Boomerang.

Extraits de l'émission

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Ce matin sur France Inter, Alain Finkielkraut a demandé pourquoi on était aussi sévère avec Renaud Camus. Je lui ai répondu que c’était parce qu'il a dit des choses antisémites.

"Un ami m’a dit: tu es un cauchemar d’antisémite. Parce que tu es le visage de la France, et pourtant tu es juive"

"Je ne me sens pas exilée mais je sais qu’il y a en moi la mémoire de ceux qui ont connu l’exil"

"La question que je me suis posée en écrivant ce livre est : qu’est-ce que la transmission invisible ?"

"Je viens d’une famille laïque. Je ne savais pas qu’on était juif, au fond. Je l'ai compris le jour où une croix gammée a été taguée sur notre maison, et la semaine d’après une croix du GUD"

Carte blanche

Pour sa carte blanche, Anne Berest a écrit un texte inédit : 

"J’ai en moi un certain nombre de livres, qui existent déjà en moi. Ils m’attendent pour que je les  écrive ou plus précisément que je les « révèle »  au sens photographique - comme on plonge le papier photo dans le bain du révélateur, pour que l’image jusque là invisible mais existante  apparaisse.

Je sais exactement combien il m’en reste à écrire et combien de temps cela me prendra pour achever ce travail. Et une fois qu’ils seront écrits, ce sera terminé. Je n’en écrirai pas d’autres. Je ferai un autre travail, le plus beau, le plus difficile des métiers, sera venu pour moi le temps de transmettre et d’enseigner.

Mon rapport à l’écriture est avant tout un rapport maladif au travail. J’écris tous les jours, plusieurs heures par jour, les week-ends, les vacances, j’écris pour m’abrutir, pour que le livre, le scénario, la pièce de théâtre, vienne prendre tout l’espace de la pensée et tout le temps de la journée. 

Travailler pour remplir quelque chose, un puit sans fond, travailler pour ne pas laisser le cerveau « oisif », travailler pour que le corps soit toujours occupé, travailler comme une dépendance physique, parce que c’est la seule occupation qui calme, qui apaise, comparable à ce que l’alcool permet d’oubli, comparable à la satiété que peut provoquer la jouissance, comparable à l’anesthésie de la douleur qu’apporte le médicament. Ecrire, pour être une mère fonctionnelle quand je n’écris pas. Ecrire, pour être une femme aimable quand je n’écris pas, écrire, comme le disait Marguerite Yourcenar pour gérer une crise intérieure. Ecrire, pour ne pas se retrouver en seule compagnie de soi-même."

Programmation musicale

  • PATTI PAGE – Try to remember
  • LAURA CAHEN - Désarmée
Les invités
Programmation musicale
L'équipe