Entre fiction et réalité, ces trois BD retracent les destins de trois hommes. Ils ont eu leur heure de gloire, ils sont tombés. Aucun ne s'est relevé. Qu'ont-ils fait de leurs rêves ? En avaient-ils seulement ? Ce sont des chemins de vie qui interrogent sur ses origines et ce que l'on en fait.

Un travail comme un autre Couv. Ed. Sarbacane
Un travail comme un autre Couv. Ed. Sarbacane © Alex W. Inker

Un travail comme un autre d'Alex W. Inker - Adapation du roman de Virginia Reeves

Peut-on échapper à son destin ? Roscoe est le héros d'Un travail comme un autre. Il rêvait d'être électricien. Mais il se retrouve fermier, de l'exploitation dont a hérité sa femme Mary. Et Roscoe n'est pas un homme heureux. Son couple part à la dérive. Il boit. Sa femme menace de le quitter. Alors Roscoe trouve l'idée : détourner une ligne, pour amener l'électricité et la mécanisation dans son exploitation. Roscoe devient un fermier entrepreneur et escroc. Et ça marche un temps.

Un travail comme un autre Planche Ed. Sarbacane
Un travail comme un autre Planche Ed. Sarbacane / Alex W. Inker

Bon je vais aller droit au but fiston. Te v'la accusé de la mort d'un homme. Un type qui travaillait pour la compagnie d'électricité est tombé sur tes lignes. Il est mort électrocuté

Acte 1, scène 2, la chute. Roscoe va se découvrir la prison, les matons vicieux, les codétenus violents, une vie en prison, des lettres pour Marie qu'il aime encore, mais qu'elle ne lit pas. Jusqu'à sa libération, il croit qu'il va la retrouver. On est dans un Etat du sud des Etats-Unis, l'Alabama, dans les années 20, il y a la ségrégation. Alex W. Inker en glisse quelques dessins, quelques mots. 

Mais comme pour Panama Al Brown déjà chroniqué ici, il s'attache surtout dans cette adaptation, à décrire le destin d'un homme. Qu'a t'il fait de ses rêves ? Roscoe a essayé et quand il s'est retrouvé face au mur, il a composé avec ce qui lui restait. Alex W. Inker a composé aussi, à sa manière. Un peu de bleu, beaucoup d'orange, étonnantes couleurs dans une Amérique qui à l'époque mettait encore les noirs d'un côté et les blancs de l'autre.

Un travail comme un autre d'Alex W. Inker chez Sarbacane.

Knock out de Reinhard Kleist

Knock out Couv. Ed Casterman
Knock out Couv. Ed Casterman / Reinhard Kleist

Histoire vraie de ce boxeur noir qui boxa pendant 21 ans entre 1956 et 1977. Knock out commence par la fin. Emile ne boxe plus. Il a perdu de sa superbe.  C'est un vieux monsieur sans le sou qui picole. On le retrouve un soir, à la sortie d'un bar, ivre, dans une rue sombre.  Tabassé, il se relève. Face à lui, un boxeur jeune, vêtu de blanc. C'est le fantôme de Benny Kid Barret. En 1961, le combat entre les deux hommes avait mal tourné. Insulté, Griffith avait lâché ses coups. Benny Kid Barret est mort en 1961, 10 jours après. Griffith ne s'en est jamais remis. Reinhard Kleist remonte le cours de l'histoire. Le gamin pauvre embauché par un chapelier qui le transforme en boxeur. 

Aller Paret ! Montre lui à cette tantouze

Knock out Planche Ed. Casterman
Knock out Planche Ed. Casterman / Reinhard Kleist

Mais Griffith est aussi homosexuel. Ses proches le savent. Mais dans l'Amérique des années 60, ça ne passe pas. Emile Griffith vivra sa vie, entre fêtes, entraînements et combats, souvent avec beaucoup d'insouciance. Ce n'est sans doute pas un hasard si cette BD au format roman, est dessinée en noir et blanc, avec un trait vif, tout en ombre et lumière. Qu'a fait Emile de ses rêves ? Griffith s'est laissé porté, hanté par son fantôme. 

Knock out de Reihardt Kleist chez Casterman.

Dans mon village on mangeait des chats de Peleaz et Porcel

Dans mon village on mangeait des chats Couv. Ed. Grand Angle
Dans mon village on mangeait des chats Couv. Ed. Grand Angle / Porcel & Peleaz

C'est une fiction. Jacques est un enfant battu par son père, chauffeur routier. Sa mère est volage. Il adore sa petite soeur. Portrait d'une famille moyenne dans une France populaire des années 70. Dans le village de Jacques, il y a le maire qui est aussi le boucher. Ses pâtés vendus au prix du foie gras, sont délicieux. Charon garde sa recette bien précieusement et pour cause, ils sont fait avec de la viande de chat. Jacques est le seul à connaître ce secret.

Il raconte son histoire à la première personne. La mort du boucher, de son père, le placement dans un institut spécialisé. Le jeune garçon redoutablement intelligent, aurait pu choisir les études. Il préfère les vols et les combines. Couleurs foncées pour une BD noire, Peleaz et Porcel content à la manière d'un Scorcese, l'ascension d'un futur gangster. Ca part de rien et ça dit tout de la difficulté de faire sa place dans le monde quand on n'est pas bien né. D'ailleurs, contrairement à Roscoe et Emile Griffith, Jacques n'a jamais dit s'il avait des rêves. 

_Dans mon village on mangeait des chats_de Peleaz et Porcel chez Grand Angle.

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