Sans super-vilain, pas de super-héros et vice-versa. L'un ne peut aller sans l'autre. Mais qu'est-ce qui fait la force d'un méchant, comment les auteurs les ont pensés ? Deux comics pour comprendre. Le 1er met en scène Magneto, le plus grand des méchants chez les X-Men et l'autre un procureur défiguré : Double Face.

Magneto - Le Testament Couv. Ed. Panini Comics
Magneto - Le Testament Couv. Ed. Panini Comics © Pak & Di Giandomenico

"Magneto - Le Testament" de Gref Pak & Carmine Di Giandoménico

Avant d'être le méchant des X-Men, Magnéto s'appelait Max Eisenhardt. Dans l'Allemagne des années 30, Max est un étudiant brillant. Mais Max est juif. Obligé de fuir l'Allemagne nazie avec sa famille, on le retrouve dans le ghetto de Varsovie puis seul, à Auschwitz, dans les sonderkommando. Max survit grâce à la débrouille, à l'amour pour Magda déportée elle aussi qu'il a connu en Allemagne. Max n'est pas encore Magneto mais ses premiers pouvoirs apparaissent quand il arrête les balles.

Parfois dans la vie, une occasion se présente. Un instant où soudain on peut faire des miracles. Que Dieu nous aide si on la saisit, qu'il nous pardonne sinon.

Magneto - Le Testament Planche Ed. Panini Comics
Magneto - Le Testament Planche Ed. Panini Comics / Pak & Di Giandomenico

La BD ici, donne à comprendre d'où vient ce frêle jeune homme au visage taillé à la serpe et aux yeux exorbités. Dans la confrérie des X-Men, pour Magneto, les mutants, ces êtres dotés de pouvoirs, sont les juifs d'hier. Il faut les protéger car l'humanité ne veut pas d'eux. Magneto tire toute sa violence de ce passé douloureux. On le voit s'endurcir au fil des pages. Les dessins sont immenses, pleine page. Ce sont des tableaux. A la fin, on finit par plaider la cause de Magneto. Il n'y a pas de résilience possible pour lui. 

► Magneto - Le Testament chez Panini Comics.

"Batman" - "Arkham" - "Double face"

Batman - Arkham - Double Face Couv. Ed. Urban Comics
Batman - Arkham - Double Face Couv. Ed. Urban Comics / Collectif d'auteurs

Ici, le méchant est pleine page sur la couverture. La moitié droite du visage normale, l'autre, défigurée. Le personnage de Double-Face est né dans les années 40. C'est le personnage tragique. Procureur, belle gueule, une fiancé, il avait comme Batman, la loi et l'ordre pour raison de vivre jusqu'à ce qu'il reçoivent de l'acide sur une partie du visage lors d'un procès.

Ma carrière et ma vie sont gâchées. Les gens me fuiront au premier regard. Une incarnation de Docteur Jekyll et Mister Hide. Alors autant agir comme tel.

Batman - Arkham - Double Face Planche Ed. Urban Comics
Batman - Arkham - Double Face Planche Ed. Urban Comics / Collectif d'auteurs

Batman - Arkham - Double Face est une compilation des histoires à travers les décennies où les auteurs l'ont mis en scène. Dans les années 50, les couleurs étaient criardes, jaune, bleu, vert, rouge. Les bastons, classiques. Dans les 2010, le dessin est devenu adulte. Double Face, c'est une gueule qu'on exhibe, un mantra.

Face, je sauve Gotham. Pile, je la laisse saigner.

Batman - Arkham - Double Face Planche Ed. Urban Comics
Batman - Arkham - Double Face Planche Ed. Urban Comics / Collectif d'auteurs

Double Face joue tout à pile ou face. Quand il lance sa pièce, elle retombe toujours du côté obscur. Comme si finalement, il ne pouvait en être autrement. 

► Batman - Arkham - Double Face chez Urban Comics.

Qu'est-ce qui fait la nature d'un méchant dans les comics ?

Le super-méchant est né avec le premier super-héros, Superman, en 1938. Au début, il affrontait des méchants encrés dans le réel, des méchants industriels, des politiciens corrompus. Mais au fil du temps, les méchants ont changé de nature. Jean-Marc Lainé, auteur de BD et d'ouvrages sur les comics explique que l'arrivée de Batman en 1939, change la donne. "C'est le premier à s'inspirer de la littérature populaire style Fantômas, pour créer des méchants qui ont des surnoms (Double Face, le Joker etc...), des costumes. Ce sont des ennemis reconnaissables qui sont quelques part aussi super, que le super héros." Avec le temps, les scénaristes ont aussi imaginé leur passé. En narrant les histoires de Magneto et d'Harvey Dent par exemple, ils les ont justifié.

Les super-méchants, des héros qui ont mal tourné.

Magneto - Le Testament Planche Ed. Panini Comics
Magneto - Le Testament Planche Ed. Panini Comics / Pak & Di Giandomenico

Aurélien Vivès, éditeur chez Panini Comics explique que ce sont des personnages qui ont en eux de la grandeur, de l'humanité. "Ce sont leurs choix qui vont les mettre sur un mauvais trajet." Aujourd'hui, encore, le comics comme le manga, se lit en feuilletons. C'est pourquoi chaque nouveau scénariste... déconstruit et reconstruit sa version du super héros et du super vilain. Ce qui donne dans le temps présent, des histoires beaucoup moins manichéennes que celles des débuts.

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