Il rêvait de montagne, il est devenu dessinateur. A travers ses rencontres de jeunesse, Jean-Marc Rochette raconte dans cet album son ivresse des parois, la folie de la grimpe, et la dangerosité de la montagne. "Rochette" est allé jusqu'au bout de lui jusqu'à ce que la montagne lui dise un jour : "non".

Ailefroide altitude 3984 couv ed Casterman
Ailefroide altitude 3984 couv ed Casterman © Jean-Marc Rochette Olivier Bocquet

Jean-Marc Rochette rêva un jour de devenir guide de haute montagne.  Quand adolescent, il découvre la grimpe, c'est le coup de foudre immédiat. Mais sa mère qui l'élève seule depuis la mort de son père en Algérie, veille au grain : "ramène moi un 15 en allemand et on en reparle." On est dans les années 70. Jean-Marc Rochette dit "Rochette" est adolescent. C'est avec son copain Sempé qu'il va faire ses premières courses.

Il est où ton matos ?

Rochette ne possède ni corde, ni vrai piolet. Pour tout dire, il ne connaît rien à la montagne. Chaque nouvelle paroi est un apprentissage. Il faut apprivoiser la pierre, connaître la roche, respecter la neige. Au fil des sommets atteints, Rochette prend des notes. Il fait ce que tout aspirant guide de haute montagne doit faire : il fait ce qu'on appelle une liste de courses.

Aiguille Dibona, 3130m, face Est, rocher excellent

Rochette vole, court. De nuit, de jour, il sent la montagne comme personne. La pluie, le vent, les nuits en refuge, les soirées arrosées, c'est la jeunesse, la folie de croire que tout est possible. Cette folie, on la retrouve dans son récit. Le dessin d'Olivier Bocquet, lui, donne une autre indication. Il est sombre.

Ailefroide Altitude 3954 Planche Ed Casterman
Ailefroide Altitude 3954 Planche Ed Casterman / Jean-Marc Rochette Olivier Bocquet

Le bleu du ciel n'est pas éclatant, il est foncé. La montagne n'est pas verte à son pied et blanche à son sommet, elle est toujours grisée, inquiétante. Comme pour rappeler qu'elle reste indomptable. Deux événements vont bouleverser la donne pour Rochette. La descente d'Ailefroide/Glacier long avec Bruno Chardin. La chute de ce dernier entraînera la sienne. La mort n'est pas passé loin. La deuxième fois, aura lieu lors d'une grimpe en solo. 

Je n'ai pas vu la pierre arriver

Rochette la reçoit en pleine tête. Dents, machoires, il est défiguré. A partir du moment, où il a connu la morsure du rocher, la grimpe n'aura plus la même saveur. Rochette va progressivement changer de vie. Actuel et L'Echos des Savanes le contactent. Une nouvelle forme de folie l'attend.

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