A chaque empereur son espace-temps au Japon. L'ère que l'on a appelé Shôwa correspond à la période où l'empereur Hirohito règna sur le pays des années 20 à 1989.

Détail de la couverture de Une Femme de Shôwa
Détail de la couverture de Une Femme de Shôwa © de Kazui Kamimura et Ikki Kajiwara chez Kana

Une période où de nombreux courants se sont opposés, notamment dans les années 40, entre nationalisme et impérialisme...

C'est précisément dans ce Japon là, des années de guerre et d'après guerre que Kazuo Kamimura et Ikki Kajiwara ont choisi de nous conter l'histoire de la petite Shôko.

Petite, parce que Shôko est encore une enfant quand on fait sa connaissance. Shôko est belle dans ses habits traditionnels et semble heureuse avec sa maman. Seule ombre au tableau, l'absence de son père, un intellectuel proche de la cause nationaliste, qui est obligé de se cacher.

Il faut tourner les pages pour découvrir que la vie de Shôko va changer à jamais. Sa mère se fait arrêter par la police spéciale puis meurt.

Sa mère morte, son père disparu, on va suivre l'histoire de Shôko qui fait partie des 120.000 orphelins de guerre. Obligée de voler, recueillie par des prostituées, frappée à son tour, la violence revient.

C'est cru et violent dans les mots de Kajiwara mais aussi dans le dessin de Kamimura.On y voit des scènes de tortures, de viol. "Une femme de Shôwa" ne vous laissera pas le choix.

Poursuivre la lecture c'est accepter de se plonger dans une histoire qui mêle des personnages de fiction à un contexte historique.

C'est dans ce monde violent que Shôko va grandir, avec pour unique ambition... venger ceux qui ont fait du mal aux personnes qui l'ont recueillis. Mais Shôko dans cette histoire ne sera jamais une victime. Au contraire...

On avance dans l'histoire en se disant qu'il va y avoir une justice...C'est oublié que c'est une oeuvre japonaise. Rien n'est suggéré. Tout est dit dans les bulles... tout est montré dans les cases.

"Une femme de Shôwa" c'est la liberté compromise entre la tradition nippone et la société de consommation occidentale qui déferle en Asie... C'est un manga profond qui explorent à sa manière la condition féminine.

Kamimura ajoute un sens de l'esthétique, en mélangeant les styles: la photo, le dessin à l'encre noire, de l'aquarelle...

Un manga adulte.

"c, c'est signé Kazuo Kamimura et Ikki Kajiwara, paru chez Kana.

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