En seulement deux romans graphiques, Barbara Baldi brosse le portrait de femmes d'un autre siècle, des femmes en résistance. Cette auteure italienne qui puise ses références dans la peinture et la littérature, a une façon singulière de faire évoluer ses personnages. Entre silence et contemplation.

Ada couv. Ed Ici Même
Ada couv. Ed Ici Même © Barbara Baldi

Barbara Baldi c'est une ambiance, faite de nature et de campagne, entre forêt et champs, entre bâtisse de maître comme dans La Partition de Flintham et corps de ferme chez Ada. Avant même d'entrer dans l'histoire, Barbara Baldi prend le temps de poser son décors. Du plan large, au plan serré sur les personnages. On entre dans les livres de Barbara Baldi tout simplement par le générique. Un petit air de cinéma de la part de celle qui oeuvra chez Pixar et Disney. Mais son graphisme n'est pas celui de l'animation. Barbara Baldi, c'est avant tout un univers de peinture qui fait en permanence référence aux grands maîtres, les Manet, Millet, Seurat et autre Klimt ou encore Schiele.

Ada, plongée dans l'Est autrichien en 1917

Ada vit seule avec son père, un homme méprisant et autoritaire. C'est une jeune femme silencieuse. Jamais une réponse à l'humiliation. C'est aussi un être secret. Quand son père ne lui hurle pas dessus, elle trouve refuge dans une cabane en bois, dans laquelle elle peint. Elle entretient aussi une correspondance avec un certain E. qu'elle retrouve à Vienne, le jour où elle y accompagne son père. Cet homme, n'est autre qu'Egon Schiele, disciple de Klimt, à qui elle montre ses dessins. On sent chez Ada la volonté de fuir sa condition, comme le fit sa mère avant elle. Ca prendra du temps. C'est l'humiliation de trop, et un geste radical qui précipiteront, (sans doute ?) son destin.

La partition de Flintham, plongée dans la campagne britannique

La partition de Flintham couv Ed Ici Même
La partition de Flintham couv Ed Ici Même / Barbara Baldi

Clara a les mêmes traits qu'Ada. Elle aussi parle peu. Elle aussi aime les arts. Mais elle ne peint pas, elle joue du clavecin. A la mort de sa grand-mère, elle hérite du domaine de Flintham, sa soeur d'une somme d'argent. Clara sait qu'en gardant Flintham, elle ne pourra pas étudier la musique. Elle sait que le domaine la condamne à une vie de solitaire dans une demeure prison. La partition de Flintham fait penser aux livres des soeurs Bronté. On est dans la campagne du nord de l'Angleterre. Il y a une forme de romantisme dans le dessin et le propos. Clara la noble, va devoir travailler pour sauver le domaine. Là où Ada cultivait sa liberté, Clara est une femme de devoirs. Chez Barbara Baldi, la femme existe en fonction de sa condition. Ces deux récits intimistes sont souvent sombres, mais jamais sans espoir. Il n'y a qu'à contempler les deux rares sourires silencieux de Clara et Ada pour s'en convaincre. 

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