Cap sur des mondes étranges, des théories scientifiques, des histoires vraies, avec le deuxième volume d'Axolot , de Patrick Baud (éditions Delcourt).

On entre dans cette bande dessinée par la couverture de l'album, intrigante. En arrière-plan, un rideau rouge de théâtre. Des fées qui volent, deux chevalets sur lesquels on peut voir le portrait d'un singe en costume, l'image du cerveau d'un homme. Sur des caisses en bois, un chat avec une bouée autour du cou et le portrait d'un militaire.

Chaque dessin est accompagné d'un nom : celui des dessinateurs qui ont illustré chacune des histoires extraordinaires de Patrick Baud. Extraordinaires car toutes vraies, documentées.__

Axolot , c'est un cabinet de curiosités. Chacun des dessinateurs les interprète à sa façon.

Axolot, volume 2, de Patrick Baud (éd.Delcourt)
Axolot, volume 2, de Patrick Baud (éd.Delcourt) ©

Ainsi, sous les traits d'un Pochep qui se joue de l'anatomie et du mouvement de ses personnages, on découvre la délirante histoire de la maison Winchester, en Californie. Sa construction commencée à la fin du XIXème siècle dura 36 ans. Elle ne fut jamais achevée pour éviter que les esprits des victimes des armes Winchester ne viennent la hanter.

Il y aussi l'histoire d'un certain Thomas Migdley, l'homme qui a inventé l'essence plombée et les CFC, vous savez, ces puissants gaz à effet de serre. Le propos est grave, mais le dessin enfantin de Fabien Toulmé lui donne un côté burlesque, comme dans les dessins animés.

Il y a des explosions, des assistants qui meurent asphyxiés... Thomas Migdley fut salué au début du XXème siècle pour ses découvertes. Or on sait maintenant qu'elles ont conduit à polluer la planète entière :

La BD Axolot est née au départ d'un blog, celui de Patrick Baud graphiste, auteur et conteur passionné . Il y explique sa démarche, le choix du nom aussi. Un Axolotl est un petit amphibien étrange qui a le corps d'une salamandre et la tête d'un Pokémon. Et qui a aussi la particularité de se régénérer, comme ses histoires en fait, qui sont infinies.

C'est par le Net que Patrick Baud a connu le succès : il y a eu le blog et ensuite les vidéos sur YouTube.

Petit extrait de L'inconnue de la Seine que l'on retrouve dans l'album :

Lire cette BD d'un trait, c'est vrai, c'est courir le risque de se perdre. Il y a un côté boulimique dans la volonté de Patrick Baud de raconter toutes ses histoires. Il faut la prendre par petits bouts, la déguster pour en retenir l'essence. Nous vivons dans un monde bien étrange.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.