De Cuba à la Maison-Blanche, qui fait les hommes de pouvoir ? Comment se construisent-ils, qui sont-ils ? Ces questions sont soulevées dans deux BD, l'un est un roman graphique, l'autre une histoire illustrée. Jon Lee Anderson et Hervé Bourhis donnent à voir le monde, grave pour l'un, ironique pour l'autre.

Che Une vie révolutionnaire Cuv Ed. La librairie Vuibert
Che Une vie révolutionnaire Cuv Ed. La librairie Vuibert © Jon Lee Anderson & José Hernandez

"Che, une vie révolutionnaire" de Jon Lee Anderson et José Hernandez

D'entrée de jeu, Jon Lee Anderson vous prévient dans la préface de son roman graphique : Le Che est une icône moderne. C'est l'image la plus connue au monde, plus que celle d'Elvis, de Lionel Messi, Lady Gaga et Mao Zedong. 

Le journaliste américain, rédacteur au New Yorker, grand reporter en Afghanistan, en Irak, au Liban et donc biographe assène une vérité et une message à la jeunesse : "Pour une génération habituée à se révolter en tapotant sur un iPhone, la vie de Che Guevara peut s'avérer révélatrice. Je pense qu'il faut raconter l'histoire d'une manière qui provoque le trouble, mais aussi la réflexion.

Jon Lee Anderson instille un doute. A-t-on trop idéalisé l'icône de la révolution cubaine ? Alors Jon Anderson reprend les choses depuis le début, en Argentine avec l'étudiant en médecine pressé. Il entend valider rapidement, son diplôme de médecin. Ernesto Che Guevarra avait envie de voir le monde. Et celui qui quitte le quai de la gare de Buenos Aires le 7 juillet 1953, n'est déjà plus le fils à papa. C'est le premier adieu à la mère, maman et à la mère patrie. Guatemala, Honduras, Nicaragua, Costa Rica, à chacune des étapes, il écrit à sa famille. Et l'on sent déjà poindre dans ses courriers, le révolutionnaire, l'anti-capitaliste. 

José Hernandez, le dessinateur mexicain qui accompagne les mots d'Anderson donne à cette biographie, un côté photo-reportage. Dessin réaliste, il joue sur les contrastes. Photos flous en fond, dessins du Che de dos au premier plan. Le visage du Che est très expressif. Chacun à leur manière, Hernandez et Anderson nous présente un jeune homme curieux, mais déjà très en colère.

Che Une vie révolutionnaire Planche Ed. La librairie Vuibert
Che Une vie révolutionnaire Planche Ed. La librairie Vuibert / Jon Lee Anderson & José Hernandez

Ne sois pas débile! Un parti qui participe aux élections ne peut pas être révolutionnaire.

Che Une vie révolutionnaire Planche Ed. La librairie Vuibert
Che Une vie révolutionnaire Planche Ed. La librairie Vuibert / Jon Lee Anderson & José Hernandez

Sa rencontre et son entente avec Fidel Castro se fait naturellement. Ces deux-là sont faits pour s'entendre. Quand a lieu la cassure ? A l'ONU en 1964 ? Au discours d'Alger quand il critique les pays socialistes complices de l'exploitation impérialiste ? Jon Lee Anderson situe sans situer vraiment. Ce sont juste deux lignes de front qui se séparent. Le Che était une sorte de pur, insatisfait, un obstiné, un irraisonné. Il veut que le monde entier fasse sa révolution et que les pays socialistes soient vertueux. Il change de tête au fil de ses voyages, chauve, chevelu, avec ou sans lunettes. Il disparaît aussi. L'homme est difficile à suivre et à comprendre. Il a une famille, des enfants. Mais à l'exception de sa mère, il ne donne pas l'impression de les aimer. Sa véritable passion, c'est la révolution. Cuba sera son seul succès. Le Congo et la Bolivie, ses échecs. Mais l'image et le combat du Che, l'homme cultivé, font le tour du monde. Suffisant pour en faire une icône, suffisant pour faire trembler la main de celui qui va l'exécuter, au fin fond de la Bolivie. Rarement biographie, sous cette forme de roman graphique, n'aura été si complète, si documentée. 

Che, une vie révolutionnaire chez La Librarie Vuibert.

"La Maison Blanche" d'Hervé Bourhis

La Maison Blanche Couv Ed. Casterman
La Maison Blanche Couv Ed. Casterman / Hervé Bourhis

Si le récit du Che est écrit, celui d'Hervé Bourhis sur les différentes présidences américaines est une histoire illustrée. Un condensé d'anecdotes et d'illustrations à chaque page sous la forme de dessins et de panneaux écrits. Le fil reste les présidents américains. On apprend du premier, Georges Washington, qu'il fit le plus court discours d'investiture de l'histoire.

1 429 mots, 10 minutes.

La Maison Blanche Planche Ed. Casterman
La Maison Blanche Planche Ed. Casterman / hervé Bourhis

John Adams le second, qui était laïc ne prêta pas serment sur une bible mais sur un livre de droit. Franklin Pierce, 14ème président, était alcoolique. Avant de présider aux destinées de l'Amérique en 1865, Andrew Johnson était ivre lors de la cérémonie d'investiture de Lincoln. Personne ne compris son discours au Sénat. Rutherford Hayes, le 19ème président, un seul mandat entre 1877 et 1881, interdit l'alcool à la Maison-Blanche. On découvre aussi des first lady féministes, anti-ségrégation ou militante pour les droits de l'homme comme Rosalynn Carter, femme de Jimmy. On lit et on se surprend à dévorer cette histoire américaine sous forme de flashs. Hervé Bourhis nous fait sourire sur ces histoires qui en disent parfois long sur un pays. 

La maison Blanche Planche Ed. Casterman
La maison Blanche Planche Ed. Casterman / Hervé Bourhis

La Maison Blanche chez Casterman.

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