L'Afrique, ses guerres, ses enfants soldats, ses abus de pouvoir. Ces deux BD entrent dans les coulisses d'une histoire compliquée, et qui dans certaines régions du continent, n'a toujours pas soldé ses comptes. Celui qui tue est un bourreau, mais il peut être aussi une victime.

Tamba l'enfant soldat couv ed Delcourt
Tamba l'enfant soldat couv ed Delcourt © Yann Dégruel

Tamba, l'Enfant soldat - Marion Achard & Yann Degruel

Il a le visage doux Tamba. Ses larmes coulent. Dans la bâtisse "Commission vérité réconciliation", il raconte son histoire à des juges, et une foule de villageois assoiffés de vengeance. On ne sait pas dans quel pays s'est déroulé la guerre de Tamba. Mais on comprend sa violence. Tamba a été la marionnette de fous sanguinaires qui lui ont appris le maniement des armes. Tamba a été un enfant soldat à qui l'on distribuait de la drogue avant d'aller au combat. Le dessin très coloré a les traits de l'Afrique. Il est épuré et ressemble à celui d'un enfant. Comme si Tamba lui-même avait pris le crayon. On se surprend à aimer cet enfant. Tamba, c'est une histoire, une fiction parmi les dizaines de milliers d'enfants soldats que l'on continue encore de recruter en Afrique, en Asie, au Moyen et au Proche Orient.

Kivu - Vanhamme & Simon 

Kivu couv Ed Le Lombard
Kivu couv Ed Le Lombard / Simon

Ici aussi, il est question d'enfant soldat que l'on drogue. Mais il est aussi question de l'envers du décors. Une entreprise en Europe qui exploite un minerai au Congo. Cette société profite de la corruption pour installer un système pérenne, qui finalement ne rapporte qu'à ceux qui ont ou la force, ou le pouvoir, ou les deux. Toutes les méthodes sont bonnes, tant qu'on arrose les intermédiaires à coups de dollars. François Daans, jeune ingénieur ambitieux, va découvrir cette Afrique là. Il est chargé de trouver un nouveau directeur à la compagnie sur place, après la disparition du précédent dans des circonstances douteuses. L'art de Vanhamme, le papa de XIII et de Thorgal, c'est la mise en scène. Ce qui apparaît clair, n'est en fait qu'apparence. On comprend très vite dans le récit, que le scénariste veut glisser un message. Il veut parler du docteur Mukwege, ce médecin qui réparent les femmes victimes de violence. Plutôt que d'en faire un documentaire, Vanhamme choisit la fiction pour l'introduire dans le champ de l'histoire de François Daans. En filigrane, Vanhamme semble dire au lecteur : voyez cet homme, voyez ce qu'il fait, il est extraordinaire. Le docteur Mukwege a souvent été cité pour le prix Nobel de la paix. Il n'a jamais été récompensé. 

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