Un vrai-faux polar imaginé par Zidrou et dessiné par Laurent Bonneau, ça donne une BD surprenante où le noeud de l'histoire n'est pas là où on croit, et où le dessin est une performance.

Les Brûlures Couv Ed Grand Angle
Les Brûlures Couv Ed Grand Angle © Laurent Bonneau & Zidrou

Il y a le paradoxe du dessin et du titre. On se demande où sont les brûlures de l'homme qui nage en couverture. Assane Ndiaye fait des longueurs  tous les jours pour dit-il, se laver des horreurs qu'il voit dans son métier de policier.  La dernière tragédie sur laquelle il enquête, c'est le meurtre d'une prostituée. Une jeune de 17 ans, retrouvée dans la piscine d'une villa, dents et ongles arrachés, le corps brûlé. Mina ou Georgia, les policiers cyniques lui ont déjà donné le surnom de Miss Barbecue. A première vue, on se dirige vers un polar. Mais il y a l'obsession de Zidrou et Laurent Bonneau de faire nager le policier entre chaque moment de l'enquête. Assane est un homme de peu de mots. Il monologue plus qu'il ne communique avec ses collègues. Et cette piscine est aussi un rendez-vous quotidien avec une inconnue qui l'attire.   

La piscine fait 25 mètres sur 10. Ca devrait suffire pour m'épargner vos gamineries non ?

Les Brûlures Planches ED Grand Angle
Les Brûlures Planches ED Grand Angle / Laurent Bonneau

Cette femme, belle, au regard dur, n'a visiblement pas envie qu'on la dérange. Rapidement, on se dit que d'une manière où d'une autre, la morte, la nageuse et notre policier sont liés d'une manière où d'une autre. Zidrou est un scénariste malin. Dans son récit intimiste, il se joue des différentes histoires, il brouille les pistes. On avance dans Les Brûlures à tâtons. Laurent Bonneau se joue de ces artifices pour prendre lui aussi, le temps de la pause. Nombreux sont ses dessins silencieux, sombres. Nombreuses sont aussi ses références. Egon Schiele pour la peinture. Dave Mc Kean, le graphiste et illustrateur britannique pour le côté contemporain. Laurent Bonneau donne de la matière au dessin. Pour montrer un corps, il n'hésite pas à n'en dessiner qu'une partie. Ainsi l'inconnue de la piscine tout en combinaison en bleu, blanc, gris et son corps nu, dévoilé page 68. Le dessinateur multiplie les techniques et les couleurs, pour différencier les séquences entre l'enquête, les jeux amoureux d'Assane et de l'inconnue. A une histoire qui aurait pu sortir d'une série télé, Laurent Bonneau donne un relief artistique inattendu et riche. A regarder sans modération.

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