Murs murs, de Tignous (Glénat)
Murs murs, de Tignous (Glénat) © Glénat

Murs Murs , pour les murs des prisons : celle de Lannemezan, de Douai, la prison pour femmes de Rennes, partout où le crayon de Tignous s'est arrêté.

Un documentaire sur le monde carcéral avec des confessions, celles des surveillants, des détenus, des directeurs de prison, des aumôniers, des médecins...

Tignous ne s'embarrasse pas du décorum, pas de mise en scène dans le dessin. Il croque ses personnages, et il enregistre leurs paroles, comme cette directrice à Lannemezan : __

Chaque confession est jetée comme ça, d’un trait de crayon. Même si on a l’impression de les avoir entendus, elles livrent à chaque fois une information sur ce qu’est la réalité de la prison.

Ainsi, ce surveillant :

Le résultat d'un long travail d'enquête

Tignous
Tignous © Radio France / Alexandre Héraud

La femme de Tignous, Chloé Verlac, qui le raconte dans l’avant-propos . Ce sont des semaines de reportages, des mois de travail. Les feuilles étaient partout dans la maison. Une véritable obsession. Tignous fourmillait de projets, mais il voulait finir les prisons. Et c’est pour cela, dit sa femme, qu’il fallait que son travail existe.

Elle l'a donc achevé avec l'aide de Pascal Gros qui va donner de la couleur à ses dessins noirs et blancs.

Tignous avait découvert le monde judiciaire lors d’un procès que le FN lui avait intenté. Il avait couvert ensuite le procès Colona, il en fit d'ailleurs une BD. Il était membre, depuis, de la presse judiciaire.

Une mine d’informations

Vous retrouverez par exemple le Guide du détenu qui est remis à chaque nouvelle arrivée. Ou les listes de cantine. Chaque prison a sa centrale d’achat. On découvre aussi des relevés de compte. Chaque détenu en possède un qu’il peut approvisionner par des versements de proches. On est vraiment là au cœur du système carcéral, au cœur du documentaire.

Parloir, école, travail, cuisine, église, les unités de vie familiales. Tout ce que Tignous voit, il le dessine. Même les commissions de discipline :

« La prison est un lieu clos », écrit Christiane Taubira, la ministre de la Justice dans la préface deMurs Murs , la vie plus forte que les barreaux. Un lieu clos où cohabitent des matamores, des introvertis, des habitués, des étonnés, des blessés et des malchanceux, des ébranlés et des branleurs. C’est un lieu de sang-froid, car il faut sanctionner sans passion.

Tignous nous livre tout ça à la fois. Il ne juge pas. Il nous demande juste d’oser regarder pour comprendre ce qui se joue entre ces murs.

> Pour aller plus loin : le témoignage de Chloé Verlhac à retrouver ICI

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