Librement adapté du roman de Jack London (le dernier avant sa mort en 1916), Riff Reb's réalise une performance autant artistique que dans le propos pour retranscrire l'atmosphère de la prison dans laquelle se retrouve ce condamné Darrel Standing.

Le Vagabond des Etoiles Couv © Éditions Soleil, 2019 – Reb’s
Le Vagabond des Etoiles Couv © Éditions Soleil, 2019 – Reb’s © Riff Reb's

Bien souvent au cours de mon existence, j'ai éprouvé la bizarre impression que tous mes souvenirs ne m'appartenaient pas

Ainsi commence le livre, ainsi commence aussi la bande-dessinée, sur une questionnement. Qui sommes nous vraiment ? Celui qui s'interroge s'appelle Darrel Standing. C'est un assassin, il ne s'en cache pas. Ce qu'il livre dans Le Vagabond des étoiles, ce sont ces dernières pensées. Celles qui l'accompagnent avant l'exécution. Il n'y a pas d'apitoiement. Darrel Standing n'est pas dans le remord.  Mais il reste un homme révolté comme les aimait tant Jack London. 

Transport au cœur des pensées les plus sombres

Les conditions de vie en prison le révolte, mais il n'y a pas que cela. Ce qui le rend hargneux, c'est l'étouffement de la pensée. Le fait qu'il n'ait pas droit en prison, de penser. 

Le Vagabond des étoiles, c'est aussi son récit intérieur. Entre l'homme et le fantôme. Entre le détenu entre 4 murs et l'esprit, libre de s'évader. Ce récit touffu, dense, qui s'il est beau dans les mots de London se devait de l'être aussi dans le dessin. Riff Reb's use d'une palette couleur pour signifier les différentes périodes dans le temps. Il dessine un corps radiographié, une tête avec des branches d'arbres, une âme qui s'extrait du corps. Il explore l'indicible avec élégance et ingéniosité. 

Le Vagabond des Etoiles de Riff Reb's est paru chez Noctambule

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