Le festival international de la BD d'Angoulême accueillera l'exposition d'un mangaka surprenant : Taiyou Matsumoto. Des "Chats du Louvre" au "Rêve de mon père" en passant par "Sunny", ses histoires et son dessin montre un auteur inspiré par la BD franco-belge.

Le rêve de mon père couv Ed Kana
Le rêve de mon père couv Ed Kana © Taiyou Matsumoto

Matsumoto n'est pas un auteur de manga comme les autres. Il est loin des standards japonais. Rien de ce qu'il produit ne ressemble au manga traditionnel. Pas de coups étalés sur une double page, pas d'action à tout crin. Matsumoto prend le temps de développer ses personnages, son originalité. Dans chacun de ses mangas, il explore une nouvelle forme de narration entre poésie et réalisme.

"Le rêve de mon père" chez Kana

Quand il rentre de l'école ce jour là, Shigéo apprend ce qu'il considère comme être la pire des nouvelles. Sa mère lui impose de vivre chez son père. Son père, c'est un doux dingue, qui vit, mange, rêve baseball. 

C'est un grand enfant. Il aime jouer à cache-cache. Qu'il neige ou qu'il vente, il est toujours en manches courtes, chemise ouverte, bedaine à l'air. On ne sait pas de quoi il vit. Mais lui, n'a pas oublier de rêver contrairement à son fils Shigéo, qui lui, fait tout pour échapper à sa condition. A tel point qu'on ne sait plus qui est le père du fils et vice versa. 

Mais la seule chose que l'on comprend, c'est que ces deux là vont avoir du mal à s'entendre.

"Sunny" chez Kana

Taiyou Matsumoto raconte ses souvenirs d'enfance. Il a vécu dans une institution loin de ses parents. Et son regard est tranchant. Sunny, c'est l'histoire de mômes dans un foyer. Il y a les orphelins, ceux dont les parents sont malades, et ceux dont les parents sont incapables de les élever. Effrayant portrait du monde adulte brossé par ses gamins. 

Haruo vit avec un pot de crème Nivéa, parce que ça lui rappelle l'odeur de sa mère dont il redoute la venue, par peur de la voir partir ensuite. Il y a Sei et ses pensées solitaires.

Tous ceux qui sont tristes viennent ici. Petit à petit, je me suis habituée à la tristesse

"Les Chats du Louvre" chez Futuropolis

Les Chats du Louvre paru chez Futuropolis, interroge en poésie sur la perte d'un être cher. Marcel le gardien a perdu sa soeur dans le musée parisien. Il est persuadé qu'elle avait le pouvoir de parler avec les tableaux, qu'un jour elle est entrée dans l'un d'eux, pour ne plus jamais en revenir. Un chat blanc, Flocon, va lui permettre de renouer avec elle. 

Les Chats du Louvre , c'est un conte qui en dit bien plus. 

Explorer la condition humaine

Dans chacun de ses mangas, Matsumoto explore la condition humaine. Son dessin se fait caricature parfois grossière, avec des traits surlignés, des lèvres siliconées comme dans Le rêve de mon père. Il est plus flou, plus naïf dans Sunny. Plus artistique dans Le Chat du Louvre. Dessin ou propos, Matsumoto livre au fil de sa production des messages. C'est pas forcément gai, mais ça n'est pas sans espoir. 

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