L'été peut parfois prendre des chemins surprenants. Entre cigales et tramontane, Je vais rester de Trondheim et Chevillard et L'été fantôme d'Elisabeth Holleville offrent au lecteur un regard étonnant autour de la mémoire, du silence, et de l'absence.

Je vais rester couv Ed Rue de Sèvres
Je vais rester couv Ed Rue de Sèvres © Trondheim Chevillard

Et s'il y avait du vent là vous allez avec votre amoureux ? Et si, comme vous êtes arrivés trop tôt pour votre location, vous décidiez d'aller vous promener sur le remblais ? Tout est parfait, doux. Je vais rester commence sur un rapport amoureux, simple. Mais il y a ce vent symbolisé dans le trait de Chevillard par des coiffures échevelées, qui souffle en rafale. A tel point, qu'il fait s'envoler un panneau publicitaire. Panneau... qui décapite votre petit ami. Pas une goutte de sang, juste la vie qui s'en va comme ça, d'un claquement de doigt. Regard ahuri de Fabienne, et en arrière plan, celui, effrayé des touristes. Il y a quelque chose de saugrenue qui se joue ici, voire extrêmement drôle : un homme décapité à Palavas.

On est arrivé, tout va bien... il y a quand même un peu de vent

On ne sait pas ce que Fabienne cherche ou ce qu'elle fuit. Il n'y a pas de larmes chez elle, juste le silence, et sans que l'on sache pourquoi, le besoin de rester ici, sur le lieu des vacances qui étaient prévues avec Roland.  On la suit dans son deuil solitaire, silencieux, dans ce décors estival, aux couleurs lumineuses.  Jusqu'à sa rencontre avec Paco, un homme aux cheveux longs, aux grandes boucles d'oreilles, et qui surprenant, collectionne...

Les morts à la con

Nul doute que celle de Roland viendra remplir l'un de ses 27 cahiers où elles sont répertoriées. Mais il y a plus que cela entre eux. Il y a une forme de poésie, de retenue. Paco, c'est le retour progressif à la vie de Fabienne. Pas d'amour entre, juste une rencontre. Le deuil peut prendre parfois, des chemins surprenants. Je vais rester de Trondheim et Chevillard - Rue de Sèvres.

L'été fantôme Elisabeth Holleville

L'été fantôme Couv Ed Glénat
L'été fantôme Couv Ed Glénat / Elisabeth Holleville

Et si vous étiez la plus jeune de la famille ? Et si vous alliez avec votre grande soeur passer vos vacances en bord de mer, chez votre grand-mère ? Et si au milieu d'adolescentes en pleine poussée hormonale, vous vous sentiez seule ?

Ne t'inquiète pas, je ne te veux aucun mal

Louison découvre Lise. C'est un fantôme qui vit dans une cabane perchée en hauteur dans un endroit du jardin qui n'existe plus. Elle peut se transformer en oiseau, en écureuil, mais elle est bloquée dans l'espace de la maison. Un fantôme, c'est bien souvent la mémoire d'un lieu. Celle qui ici, commence à manquer discrètement à la grand-mère de Louison.

Mais comment fais tu pour ranger un camembert parmi ta vaisselle propre ?

Elisabeth Holleville se joue de cette mémoire qui disparaît pour lever le mystère à la fin de son récit. Il y a peu d'ombres. Tout est à plat dans le dessin, naïf, au milieu de couleurs parfois vives ou dans la même teinte. L'auteur joue les funambules au milieu de cet été que l'on imagine être le dernier pour tous. Le fantôme de lise est juste là pour rappeler que le temps de l'été est aussi celui de la mémoire. Quand on vous dit que l'été peut prendre des chemins surprenants. L'été fantôme - Elisabeth Holleville - Glénat.

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