Les peintres ont beaucoup inspiré les auteurs de BD cette année. Des albums ont été consacrés à Klimt, Caillebotte, Monet ou encore Tamara de Lempika. Mondrian et Munch étaient contemporains. Ils sont morts tous les deux en 1944. Leur peinture a ouvert de nouveaux horizons dans des registres radicalement différents.

Couvertures des deux livres (extraits)
Couvertures des deux livres (extraits)

La fleur dans l'atelier de Mondrian - Peyraud et Lapone - Glénat

Deux hommes se cachent derrière Piet Mondrian. L'amateur de Charleston qui dans les cafés parisiens jusqu'au bout de la nuit, au bras de belles femmes, et le Mondrian austère, caché derrière ses lunettes rondes et moustache coupée au carré. Ce Mondrian là, est incapable de rapport amoureux. C'est un solitaire.  La peinture réaliste de l'époque le fait vivre. Mais il ne s'y retrouve pas. Car il voit plus loin.

Le néoplasticisme

Les lignes, les angles, les couleurs primaires, Mondrian c'est l'art d'éliminer le superflus, les courbes. Le néoplasticisme sera le style de sa peinture. La fleur dans l'atelier de Mondrian décrit le peintre à travers une femme qu'il côtoie. C'est elle qui voit le mieux le peintre et son oeuvre.

Les murs de son atelier sont tapissés de rectangles de couleurs vives. Ses toiles ressemblent à des vitraux.

Lapone et Peyraud reproduisent les peintures. Et si l'on regarde de plus près leur album, on s'apercevra avec amusement que le découpage des planches ressemblent à s'y méprendre, à une toile de Mondrian.

Munch - Steffen Kverneland - Nouveau Monde Graphic

Munch l'auteur du Cri  fut un pionnier de l'expressionnisme. Tout au long de sa vie, il fut soit admiré, soit incompris. En 1892, au siège de l'association des artistes berlinois, il ne put même pas exposer ses oeuvres tant le scandale fut grand. La peinture de Munch reflète une vision personnelle. Il peint l'émotion, le ressenti. Son tableau ne doit pas être ressemblant. Il doit être bon.

Mes tableaux sont mes journaux intimes. Je ne peins pas ce que je vois, mais ce que j'ai vu.

Le pari de l'auteur est de raconter le peintre à travers ses propres écrits et ceux des autres. Le dramaturge paranoïaque Stringberg, le peintre naturaliste Christian Krogh, ou encore le philosophe Hans Jaeger. C'est parfois décousu avec des allers-retours dans le temps. Mais ainsi était aussi la vie de Munch. Faite de beuveries, de femmes et d'amis.

La folie est rouge, les yeux de Munch cerclés de noir

Munch n'avait pas de limite. Mais au fil des pages, se dessine le processus de créativité. Munch était un être chaotique, un peintre hanté par la mort. Le Cri est son oeuvre la plus connue. Steffen Knerveland réussit un coup de maître. Montrer l'homme sans en faire une biographie linéaire.

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