Le troisième âge est à l’honneur avec le Tome 3 desVieux Fourneaux de Cauuet et Lupano, les aventures de Pierrot, Antoine et Mimille, septuagénaires, et de la petite fille d’Antoine : Sophie. C’est drôle et malin.

Couverture Vieux Fourneaux 3
Couverture Vieux Fourneaux 3 © Dragaud

On avait laissés nos Vieux Fourneaux sur un chemin de campagne dans le soleil couchant en train de donner un coup pied à un chat, à la fin du deuxième épisode. Changement de décors dans le troisième : c'est le déluge dans le village de Mimille et Antoine ; Pierrot, lui, est à Paris, déguisé en abeille.

Il s’est fait embarqué par la police avec son collectif, Ni yeux ni maître. L’un est en pleine action contre les lobbys des marchands de pesticides et les deux autres distribuent les bassines dans la maison de Sophie qui prend l’eau.

Les Vieux Fourneaux , ce sont ces trois vieux bonhommes, de vieux syndicalistes, de vieux aventuriers. Des anciens avec leurs utopies, mais bien plus au fait du monde qu’on ne le pense.

Les Vieux Fourneaux , c'est une plume : celle de Lupano pour ses dialogues à la Audiard. Exemple avec un court extrait lu par le scénariste lui-même :

Il y a aussi cette phrase que j'aime bien :

Politiquement, ton grand-père il dit des conneries du matin au soir, alors l'hiver ça va, les journées sont courtes...

A chacune de ces bulles un dessin juste, celui de Cauuet . Avec ces personages élancés, ridés, des profils à la monsieur Hulot de Tati. Un trait de crayon vif comme nos Vieux Fourneaux. Il y a des pneus qui crissent, des voitures qui tombent l’eau, des téléphones portables qui sonnent au son de L'Internationale.

Cauuet voulait parler de sa grand-mère ; Lupano du temps qui passent, de ces vieux qui sont nés à une époque où on labourait encore les champs avec les boeufs et qui aujourd’hui, surfent sur internet. C’est la génération qui aura connu les plus grands boulversements technologiques.

Les Vieux Fourneaux, c’est drôle, culotté, mais rien n’est gratuit : il y a toujours, chez Lupano, un message sur la société, l’environnement, le rapport à l’autre, l’engagement. Il y a un côté : Levons nous ! Merde !

Mais attention : ces vieux ont aussi leur travers. Ils refusent par exemple d’aider la vieille Berthe à sauver ses moutons du déluge parce que suivant une vieille tradition du village, tout le monde la déteste. Ce ne sont pas des héros de BD à la Tintin ou Astérix et Obélix. Eux, ils vieillissent au fil des albums. Mais ils restent attachants, car ils s’affranchissent de tout avec l’âge. Même à 70-80 ans, ils nous disent que tout est encore possible.

Les Vieux Fourneaux

3ème album –Celui qui part

de Lupano et Cauuet

éditions Dargaud

►► Interview du scénariste Wilfrid Lupano :

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