La prison peut être une sanction, mais peut aussi vous sauver. C'est l'histoire de Valérie Zézé, toxicomane, voleuse multirécidiviste. La Ballade des dangereuses, c'est son journal intime à elle. Celui de son incarcération.

Couv La Ballade des dangereuses, journal d'une incarcération Ed La Boîte à Bulles
Couv La Ballade des dangereuses, journal d'une incarcération Ed La Boîte à Bulles © Delphine, Anaëlle Hermans, Valérie Zézé

C'est une histoire vraie. Une fois le postulat posé, vous ne lirez pas La Ballade des dangereuses comme une simple bande-dessinée. Valérie Zézé n'est pas bête bien au contraire, c'est juste une déçue de la vie, une paumée, qui a fait les mauvais choix, qui a pris le mauvais chemin.

Je volais pour m'acheter mon produit de luxe à moi : la coke

Valérie Zézé le dit elle-même. Elle a construit sa propre spirale. Son histoire commence dans le bureau d'une juge en Belgique. 29ème flagrant délit. Cette fois, pas d'échappatoire, ce sera la prison. Mais avant d'entrer dans sa cellule, elle vous embarque. Le trajet jusqu'à la prison, c'est le dernier espace de liberté pour les yeux.

Je photographie tout. Emmagasiner les belles images. Ce sera mon petit palais où je pourrais me réfugier

La prison n'est pas pour elle un gage de renommée. C'est un lieu de repos où l'on arrête les addictions, où l'on prend le temps de faire le point sur sa vie. Mais c'est aussi un lieu d'abandon. L'intimité n'existe plus. Les femmes qui parlent à travers les murs, votre compagne de cellule dont vous connaissez les programmes télé par coeur, le bruit des clés, les cris, Valérie Zézé décrit tout. Le temps de la prison, c'est le temps de l'enfermement.

Putain, tu t'appartiens plus 

Planche La Ballade des dangereuses ed La Boîte à Bulles
Planche La Ballade des dangereuses ed La Boîte à Bulles / Valérie Zézé Anaëlle et Delphine Hermans

Les mots sont choisis, tranchants. Pour autant, Valérie Zézé ne s'apitoie pas sur son sort. Elle sait pourquoi elle est là. Elle l'a voulu. Ce qui la fait tenir, c'est son fils. Tous les jours, il vient la voir. Il cantine pour elle. On finit par l'aimer cette femme au regard enfantin, où son corps évolue dans un décors mouvant avec des perspectives parfois maladroites. Valérie, c'est une femme-enfant, une accidentée de la vie instruite, qui aime la vie. 

Je sais la femmes que je ne veux plus être. Mais je ne sais pas encore celle que je serai

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