Mao le dernier né de Rumiko Takahashi et Le Pacte de la Mer de Satochi Kon ont la particularité de s'inspirer des légendes et des superstitions japonaises. Mao avec humour et esprit aventureux. Le Pacte de la mer avec gravité à la manière d'un animé de Miyazaki. La découverte du Japon, d'une autre façon.

MAO © 2019 Rumiko TAKAHASHI / SHOGAKUKAN
MAO © 2019 Rumiko TAKAHASHI / SHOGAKUKAN © Rumiko Takahashi

Mao - Rumiko Takahashi

Ce matin là, Nanoka est une ado pressée. Un regard bref sur la photo de ses parents qu'elle salue et la voilà en cours de gym. Sitôt fini, les filles de sa classe proposent d'aller à la galerie des fantômes. On l'appelle comme ça parce qu'il paraît qu'on y entend des bruits. C'est sans doute lié à l'accident qui s'y est produit, il y a 8 ans. Nanoka est la seule à avoir survécu. Dans cette galerie vide, il y a au fond, une porte. On dirait l'entrée d'un sanctuaire. 

 MAO © 2019 Rumiko TAKAHASHI / SHOGAKUKAN
MAO © 2019 Rumiko TAKAHASHI / SHOGAKUKAN / Rumiko Takahashi

Où suis-je ? Les gens sont translucides. Ce serait des fantômes ?

Nanoka ne le sait pas encore, mais elle seule, peut la franchir et atterrir dans une autre époque, un autre monde. En quelques pages, Rumiko Takahashi vous brosse le portrait de cette gamine, qui dans cet autre monde, va rencontrer Mao, un étrange gamin de 900 ans, à la chevelure noire et blanche. Mao est un chasseur de Yôkai, des créatures surnaturelles. D'habitude chez Takahashi, les garçons ne sont pas très futés. Mais Mao est intelligent. Il détient les clés de la véritable nature de Nanoka. Mao c'est une histoire de malédiction, à travers les siècles et les personnages des légendes nippones. C'est une aventure où l'on avance par étape et par état. Rumiko Takahashi n'en garde pas moins son humour. Pour preuve, sa vision de la mort qui hante son héroïne Nanoka.

MAO © 2019 Rumiko TAKAHASHI / SHOGAKUKAN
MAO © 2019 Rumiko TAKAHASHI / SHOGAKUKAN / Rumiko Takahashi

Rumiko Takhashi : J'essaie d'amener la mort de manière assez joyeuse en développant l'aspect de la comédie. J'aimerais aussi que ce contact de la mort, puisse faire dire au lecteur qu'on peut avoir aussi une vision pas forcément parfaitement sombre et obscur de ce qu'est la mort

On retrouve dans Mao,la patte Takahashi avec un trait assez fin et surtout le sens du rythme dans le scénario. Après Juliette je t'aime, Ranma 1/2, la dame au 200 millions d'albums vendus, signe un manga riche et plein de mystères. Mao édité chez Glénat.

Le Pacte de la mer - Satoshi Kon

Le Pacte de la mer © Kon’stone, Inc. / Kodansha Ltd.
Le Pacte de la mer © Kon’stone, Inc. / Kodansha Ltd. / Satoshi Kon

Le Pacte de la mer de Satochi Kon pourrait être l'oeuvre des studios Gibli. Il y a tout, la poésie, la puissance du message sur la nature, l'écologie. Satochi Kon mort il y a 10 ans, avait imaginé l'histoire d'une ville côtière où l'on aurait passé un pacte avec une sirène. Toutes les semaines, Yôsuké doit asperger d'eau un oeuf dont on dit qu'il est celui d'une sirène. La bourgade vit au gré de cette légende. Un jour, l'oeuf éclora et il faudra remettre le bébé sirène, à la mer. En échange de ces soins, la ville peut vivre en harmonie avec la nature, la pêche y est bonne. Mais le père de Yôsuké rêve de grands complexes touristiques pour donner prospérité et modernité à sa ville. Cette idée divise la famille de Yôsuké. Entre le père qui ne croit pas aux légendes et le grand-père, un fossé s'est creusé. La ville aussi est divisée.

Le Pacte de la mer © Kon’stone, Inc. / Kodansha Ltd.
Le Pacte de la mer © Kon’stone, Inc. / Kodansha Ltd. / Satochi Kon

Toi le maire, me cause pas sur ce ton. Tu t'en fous complètement du patrimoine de la ville

Le promotteur lui, ne jure que par le profit. Mais les légendes ont la vie dure et un jour, la mer se réveille, la sirène, l'oeuf. Je vous laisse deviner la suite. Le Pacte de la mer est un manga au graphisme ébouriffant. Le récit des légendes est hachuré et pâle. Celui des habitants et de la ville emprunte aux maîtres du manga. Satochi Kon qui s'est aussi illustré dans l'animé avec notamment Perfect Blue, avait accepté que Marc Caro le réalisateur de la Citée des enfants perdus en fasse un film. Le temps lui a malheureusement manqué. Le Pacte de la mer est paru chez Pika.

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