Brodeck n'est pas un pleutre. Mais Brodeck sait ce qu'est la souffrance...

Lui, le survivant des camps de la mort est hanté par l'horreur, l'indicible... Chaque jour. Chaque nuit...

Cela fait des semaines maintenant qu'il travaille sur son rapport. Il continue de prendre des notes car il doit écrire sur la mort de l'anderer comme on le surnomme. Cet autre, qui a été tué par les hommes de son village. Mais comme lui, Brodeck, sait lire et écrire, comme il n'y a pas de justice qui vaille au lendemain de la guerre, c'est lui qui doit dire ce qu'il s'est passé.

Lire cette bande dessinée, c'est accepter le noir et blanc. Le noir profond, étouffant et ses lueurs de blanc.

C'est accepter que la lumière du jour n'est jamais éclatante. C'est accepter qu'il n'y aura jamais de moments heureux. C'est accepter que les hommes ont des têtes marquées, les uns par la haine, les autres par la souffrance. Ils sont laids.

Rares sont les fois où Larcenet nous livre leur yeux. Le regard est souvent noir ou dans l'ombre.

Couverture de "Le Rapport de Brodeck"
Couverture de "Le Rapport de Brodeck" / Dargaud / Manu Larcenet

Le rapport de Brodeck de Manu Larcenet. "L'autre et l'indicible", d'après le roman de Philippe Claudel est paru en deux volumes chez Dargaud.

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