En ce 25 décembre, comment choisir une BD à offrir et être sûr de ne pas louper son coup ?

J'ai réfléchi et j'ai choisi Pierre Weill et Catherine Boullay comme cobayes.

Pour Pierre Weill, dont les goûts sont rocks, rythm'blues, tournés vers Melody Gardot, j'ai eu beau chercher, il n'y a pas encore de BD à l'effigie de cette dernière. J'aurais pu vous parler de Lennon , sorti chez Marabulle.

J'aurais pu faire un écart de côté avec Le roman de Boddah-Comment j'ai tué Curt Cobain, chez Glénat. Mais vous n'êtes pas vraiment grunge. Alors je me suis dit, une BD à la tête du client. Et là... La vision !

Sykes de Dubois et Armand, paru chez Le Lombard

Sykes, de Dubois et Armand
Sykes, de Dubois et Armand ©

Sykes a les cheveux comme Pierre Weill, un peu coiffés en arrière. Il a son âge. C'est un Marshall. A la manière de l'homme à l’harmonica dans le film d'Ennio Morricone, il y a dans son discours une économie de mots. Mais son propos fait sens : « A force de tuer des gens, on finit par se tuer soi-même. »

Sykes recherche des tueurs, des affreux, avec à leur tête un illuminé, une sorte de messager d'un dieu vengeur.

Ils tuent, ils violent. On est là dans un vrai Western à l'ancienne. Un indien pisteur, un justicier flingueur, un ado traumatisé par la mort de ses parents qui veut se venger. Cela sent le cheval, les peaux de bisons, la poussière...

Les paysages sont grandioses. La couverture sanguine de l'album annonce la couleur : l'histoire sera violente, sans concession. Et la chute, digne d'une tragédie grecque. Magistral !

Il m'est revenue à l'esprit qu'avec sa chevelure blonde, certains surnommèrent jadis Catherine Boullay : "la vieille Kim Wilde". Référence, sans doute, à ses folles années, quand elle se déhanchait sur le dance floor. Mais il n'existe pas de BD à l'effigie de Kim Wilde. En revanche, sa chevelure blonde reste une source d'inspiration. Et là... Une vision !

Morceaux choisis, de Claire Brétécher, chez Dargaud

Bretécher : Morceaux choisis
Bretécher : Morceaux choisis ©

A l'occasion de son exposition au Centre Pompidou à Paris, on peut redécouvrir dans cet album cette chère Agripine. Agripine qui fait souvent la gueule, qui râle... Cette ado prête à adopter tous les points de vue foireux.

Mais Morceaux choisis , c'est surtout une rétrospective de l'ensemble de l'œuvre de Claire Bretécher. On y découvre ou redécouvre un dessin simple, nerveux. Brétécher écrit sur son temps : contraception, GPA, adoption, identité sexuelle... Elle montre tout, critique tout, s'amuse de tout. Parce qu'il faut savoir rire de tout, comme du désespoir de ces mères débordés qui hurlent à leur enfant :

« Je t'ai follement désiré... j'ai lutté pour mes droits... j'ai pris 15 kilos... ton géniteur m'a quittée... ma famille m'a rejetée... j'ai perdu mon job... j'ai dépensé une fortune pour TA VIE et c'est sur ce ton que tu me regardes ! ».

Portrait de femme moderne.

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