Visite du Louvre avec L'île Louvre de Florent Chavouet (une co-édition Louvre Editions et Futuropolis)

C'est une île coincée dans la ville. Un monde à part dans la capitale, dans lequel Florent Chavouet nous embarque avec ses dessins. On entre dans le Louvre par des plans très détaillés vus du ciel.

Et puis, on plonge avec lui sous la pyramide : l'accueil, les guichets et cette foule... ça grouille de monde. Et dans cette double page, dans le dessin de Florent Chavouet, on entend le murmure des visiteurs.

Un homme les bras croisés :

Un couple :

Une mère à ses enfants :

C'est ça, la vie du Louvre. Florent Chavouet nous prend par la main et il suit ces visiteurs. Ce petit couple de vieux qui commentent chacune des œuvres qu'il rencontre.

Il les suit, il les perd. J'ai été distrait, dit-il, par mes notes, car le Louvre est immense. On sourit de voir ces visiteurs, plans en main, dire : « c’est officiel, je n’y comprends rien ». Le Louvre, c'est le musée de l'escalier.

Florent Chavouet suit les visiteurs. Mais il nous montre aussi les œuvres et le lieu.

C’est là, la force du trait de ce dessinateur. Il reproduit la Victoire de Samotrace, la statue d’Athéna, une peinture d’Archimboldo, un portrait de Louis XV. Et quand la toile semble un peu plus compliquée comme le sacre de Napoléon premier. Il le suggère avec humour en ne montrant que le bas du tableau. « Une maladresse de mise en page m'empêche, dit-il, de représenter ce grand classique ».

Etonnant aussi, dans cette BD, tout est dessiné, ou presque, sur fond bleu.

Comme pour nous rappeler à chaque instant qu’on est sur son île, ce monde à part qu’il a choisi d’entourer d’eau. C’est la fantaisie du dessinateur et c’est ce qui donne aussi une forme de poésie à cette BD.

Pour la réaliser, Florent Chavouet a pris des centaines de photos. Il a beaucoup écouté la foule. Il a également suivi un gardien, Gilles, au Louvre depuis 15 ans. Il n’aime pas rester assis, Gilles, il aime marcher et raconter son Louvre. Avec ces visiteurs qui cherchent la statue de Nicolas Sarkozy, ceux qui veulent voir La Joconde et qui demandent à voir après Mona Lisa. Au Louvre, c’est simple dit-il, les gens veulent voir La Joconde, la Vénus de Milo, la Victoire de Samothrace et… ?

Les toilettes.

Vous l’aurez compris, L’île Louvre n’est pas une BD au sens classique du terme. Il n’y a pas de cases, ni de bulles. C’est un carnet de voyage où le dessinateur met en scène par le dessin ses réflexions, celle des visiteurs. Il griffonne, il reproduit. Un savant mélange avec pour tout fil conducteur : une journée dans la vie du Louvre.

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