L'homme qui se raconte ici n'a pas de nom.

No Body de Christian de Metter
No Body de Christian de Metter © Corbis / Noctambule/ Soleil

La cinquantaine passé, une carrure imposante : il arbore une chevelure longue avec queue de cheval, une imposante moustache, un nez de boxeur et le tatouage d'une d'araignée dans le creux de la main droite.

Une psy, un tueur menotté dans une cellule : un dessin sombre qui joue sur les regards... Peu de mots échangés... En quelques pages voici brossé un premier tableau qui vous laisse croire qu'il s'agit là d'une affaire de meurtres en série. Mais la magie d'un bon scénario, c'est de vous emmener là où vous ne l'attendez pas.

Christian De Metter s'amuse à brouiller les pistes par son dessin... Il est à la fois réaliste et en même temps, les contours sont flous. Derrière les couleurs, on voit le crayonné, comme si chaque case était une esquisse qu'on pouvait effacer d'un coup de gomme pour en reproduire une autre. Et l'on comprend très vite que le passé de cet homme est à l'image du dessin.

Magie du scénario, vous plongez dans une face cachée de l'Amérique. Pas très reluisante. L'homme qui se raconte va d'ailleurs y perdre ses illusions. Et en même temps, il aime cette double vie, comme une addiction.

Le premier tome de No body est ancré dans la fin des années 60. Le second commence dix ans plus tard. Le héros est devenu un véritable espion. Cette fois, il infiltre les groupes de bikers violents, mais il n'est plus seul : il travaille en équipe. Nouvelle plongée dans un univers glauque, loin des utopies étudiantes... Ici, drogues, viols, braquages et mouvement néo-nazis sont liés.

Et tout cela, notre détenu sans nom le livre à une psychiatre qui cherche à reconstituer son passé pour comprendre le geste qui l'a amené en prison.

►► No body, de Christian De Metter, est paru aux éditions Soleil.

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