Peut-on parler de bande-dessinée, tant la forme de ces Jours incandescents surprend ? Il s'agit d'une succession de nouvelles inspirées des chansons de Joseph d'Anvers et mises en lumière par Stéphane Perger. Un petit bijou de graphisme et textes mélancoliques.

Couverture des "Jours incandescents" (extrait) de Joseph d'Anvers et Stéphane Perger aux éditions Kennes
Couverture des "Jours incandescents" (extrait) de Joseph d'Anvers et Stéphane Perger aux éditions Kennes

Il y a ce jeune homme à vélo qui va mettre le feu à une maison pour punir le violeur de sa petite amie. Il y a cet homme qui vit sa dernière nuit de liberté. Joseph d'Anvers raconte à chaque fois, quelques heures de leur vie. Les plus importantes, celles où tout bascule. On suit ses personnages, au fil de leurs histoires. Des histoires d'hommes au lourd passé et à l'avenir incertain.

Je m'appelle Daniel et je suis déjà mort. C'est comme ça qu'il s'est présenté

Dans son écriture, Joseph d'Anvers alterne les formulations entre le JE de celui qui se raconte et le IL de l'écrivain qui essaie de prendre de la distance. La forme de cet ouvrage surprend aussi. Peu de cases. Et quand il y en a, elles ne sont jamais découpées de manière traditionnelle. Elles s'entremêlent. Elles apparaissent sous forme de longues bandes horizontales ou verticales. Il n'y a pas de bulles ici. Le texte est une longue procession de lignes. On dirait un livre. Et pourtant c'est bien une bande-dessinée. 

Stéphane Perger, artiste complet

La palette de Stéphane Perger semble infinie. On retrouve chez lui, l'influence de Hopper. Parfois, c'est du noir et blanc, parfois du crayon de couleur. Parfois les traits sont appuyés, rectilignes, parfois c'est plus flou. Chaque histoire est un tableau qu'il décompose comme un puzzle. S'il devait exposer son travail, Stéphane Perger aurait besoin d'une salle par nouvelle. Comme Joseph d'Anvers avec les mots, il explore avec son trait, les tréfonds de l'âme de ses protagonistes. C'est mélancolique à souhait. Ici les corps et les âmes semblent se consumer inexorablement. 

Programmation musicale
  • CLARA LUCIANI

    La grenade (Radio edit)

    2017

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