Quand la BD se met dans les pas des expositions parisiennes, ça donne un florilège passionnant. Léonard De Vinci, Charlotte Perriand, Charlie Chaplin et Francis Bacon s'exposent dans les musées. Les auteurs de BD leur apportent à leur manière, leur éclairage sur ces artistes hors du commun.

Extrait de la couverture "Léonard 2 Vinci" de Stéphane Levallois (Futuropolis & Louvre Editions)
Extrait de la couverture "Léonard 2 Vinci" de Stéphane Levallois (Futuropolis & Louvre Editions)

Léonard 2 Vinci - Stéphane Levallois

2 ici, est un chiffre parce que son auteur a imaginé qu'il pouvait y avoir un deuxième Léonard, dans le futur, 10.000 ans après la mort du maître. Un clone que les derniers humains encore vivants auraient réalisé grâce à une empreinte digitale extraite d'un tableau de De Vinci : "Sainte Anne, la vierge et l'enfant Jésus." Le seul espoir des derniers hommes chassés et décimés par des extra-terrestres cornus aux allures de faunes, est de retrouver ce qu'il reste de la Terre. Et Léonard, le plus grand inventeur de tous les temps, en est l'être suprême. Impressionnant conte fantastique que cette BD qui mêle la vie de Léonard De Vinci à la science-fiction. Stéphane Levallois a une connaissance abyssale de Léonard de Vinci. Son histoire est un jeu de piste où l'on retrouve ça et là, les tableaux de Léonard. C'est aussi une performance artistique. Lui le droitier, s'est fondu dans Léonard, en dessinant de la main gauche comme le maître. Lui l'habitué du cinéma, créateur d'univers chez Ridley Scott ou encore Steven Spielberg, dessine en noir et blanc et parfois sous fond sépia. Léonard 2 version Levallois doit sauver un monde perdu. Sublime. 

Léonard 2 Vinci de Stéphane Levallois est la BD officielle de l'exposition De Vinci au Louvre -Futuropolis & Louvre Editions.

Extrait de la couverture de Charlotte Perriand par Charles Berbérian (éd du Chêne / Arte Editions)
Extrait de la couverture de Charlotte Perriand par Charles Berbérian (éd du Chêne / Arte Editions)

Charlotte Perriand - Charles Berbérian

L'architecte et designer Charlotte Perriand a eu une vie intense comme le montre l'exposition à la Fondation Louis Vuitton. Mais Charles Berbérian a choisi une immersion dans son expérience Japonaise. 2 ans, de 1940 à 1942.  "Chez Charlotte Perriand tout déroutait. Son audace, son succès précoce, son goût pour les grands espaces, sa liberté."  Que pouvait bien comprendre là dedans le très rigide Le Corbusier chez qui elle travaillait ? Rien sans doute. Les Japonais l'ont choisit elle, une femme, pour être la conseillère pour l'art industriel japonais. Sous le trait de Charles Berbérian, on la voit défier les hommes, s'inspirer de l'histoire et des traditions nippones pour créer ses propres objets, ses installations. Elle est aussi à l'aise avec les artisans que les grands de ce monde. Berbérian la dessine, tantôt à l'aquarelle, tantôt au crayon, dans un décors épuré. Il s'inspire aussi des estampes japonaises. Et il nous dit, regardez Charlotte. Elle observe. Elle va là où personne n'ose aller. 

Charlotte Perriand de Charles Berbérian - Les Editions du Chêne - Arte Editions.

"Chaplin en Amérique" de Laurent Seksik & David François (Rue de Sèvres)
"Chaplin en Amérique" de Laurent Seksik & David François (Rue de Sèvres)

Chaplin en Amérique - Seksik & François

A La Philarmonie, l'oeuvre de Charlie Chaplin dans sa dimension musicale. A la BD, les débuts de Charles Spencer. Quand il débarque à l'automne 1912 à New York, c'est un jeune homme élégant, mais un brin arrogant.  "Moi je veux juste être célèbre. Riche et célèbre !" Charlie à son destin. Il ne veut pas reproduire la carrière de son père au music-hall qui s'est terminée dans la rue. Ce que Charlie veut, Charlie l'obtient. Des premiers rôles dans le théâtre new-yorkais jusqu'à la métamorphose à Los Angeles avec le chapeau melon, la moustache, les chaussures trop grandes et la canne. L'ascension est folle. Les dessins dansent mais le regard de Chaplin reste dur. Derrière le masque de clown, l'homme tout simplement.  

Chaplin en Amérique de Laurent Seksik & David François - Rue de Sèvres. 

Bacon la violence d'une Rose Couv Ed Chêne
Bacon la violence d'une Rose Couv Ed Chêne / Cristina Portolano

Francis Bacon, la violence d'une rose - Portolano

Le Centre Pompidou présente les oeuvres de la fin de 1971 à 1992. Cristina Portolano brosse le portrait de Bacon le torturé. Il n'est pas dans le moule. Dès l'enfance, il aime se travestir en femme. Qui peut bien comprendre le jeune homme chassé de chez lui, entretenu par des hommes riches ? Qui peut sonder son âme à lui le révolté qui boit, et fait la fête ? Ses amis artistes ? Peut-être. Mais ils meurent les uns après les autres et laissent à chaque fois, de profondes cicatrices chez Bacon. L'auteure de cette BD ne cherche pas à reproduire, les corps écorchés, rouges sang. Elle donne à son dessin, un caractère froid, brut, avec des couleurs vives. Comme pour vous dire qu'il n'y a finalement que la peinture de Bacon qui peut expliquer Francis. 

Francis Bacon, la violence d'une rose de Cristina Portolano - Editions du Chêne.

L'équipe
Contact
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.