Cette semaine, Jean-Patrick demande à Maïa, comme tous les jours, si elle porte des bas ou des collants

Information essentielle à mi-saison : on ne sait jamais s'il faut mettre un chandail, alors un collant… Soit Jean-Patrick s'inquiète du fameux rhume des cuisses, soit il me confond avec Météo France. 

C’est comme les Jean-Patrick qui me demandent si je porte des talons… sans doute une manière délicate de savoir s’il y a du verglas. 

Et ceux qui réclament des photos de mes pieds, j’imagine qu’ils anticipent la saison des tongs ? 

Mais il est tôt, quand même, dans l’année, pour les tongs.

Quand on a une attirance sexuelle pour des objets, des vêtements, des morceaux de corps, alors c'est du fétichisme, et parmi l'infinité de fétichismes possibles, ceux qui concernent les bas, les collants, les pieds, sont archi-répandus. Là, on a deux réactions possibles : soit on se moque, et c'est méchant, soit on se demande comment les fétichistes interrogent le désir « normal ». 

Eh oui, quelle différence entre être obsédé par un sourire, un regard, une poitrine, de mains parfois... et des pieds ? Est-ce qu'il y aurait une hiérarchie anatomique – avec des bons organes et des mauvais, des pièces nobles et des membres négligeables ? 

C'est dommage, de mépriser les pieds, parce qu’ils expriment plein d'émotions. On trépigne quand on est impatient, on accompagne le rythme de la musique... on contracte les orteils pendant l'orgasme. 

Franchement, Radio France devrait mettre ses caméras à ras du sol : en temps de Covid, ce serait bien plus spectaculaire.

Généralement, c’est l’argument de la reproduction qui sert à discréditer le fétichisme : il serait légitime de désirer des êtres humains, et même à la rigueur, leurs pieds, parce que copuler entre humains sert à reproduire l'espèce. 

Et effectivement. Certains hommes mettent des chaussettes dans leur slip pour sublimer leur entrecuisse, mais on ne fait pas de bébés avec des chaussettes, et clairement, si votre collant a un utérus, je veux bien l'adresse de la boutique... 

Pourtant, l’argument reproductif est un peu court : il exclut les rapports gays et lesbiens, la sexualité orale et anale, la masturbation, les sextoys, les femmes ménopausées – c’est intenable, comme argument. 

Donc, la réprobation morale envers les fétichistes des vêtements vient forcément d'ailleurs. 

La suite à écouter et à retrouver en vidéo !

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