Puisque l'invité du jour de Grand Bien Vous Fasse, Pascal Chabot nous fait parcourir les dédales de nos temporalités multiples, Maïa va nous retourner la tête et nous ramener dans le passé.

Une année sans sexe
Une année sans sexe © Getty

Rappelez-vous, il y a un an, le premier confinement nous tombait dessus et pendant cinq minutes, on s'est dit "c'est génial, on va avoir des plages de 16 heures d'affilée pour faire l'amour sur la table de la cuisine. On va pouvoir se donner du temps". 

Ensuite, on s'est aperçu qu'avec les enfants à la maison et le dress code pyjama, ça allait être un petit peu compliqué. Mais on s'est accordé le bénéfice du doute. Est ce que notre vie sexuelle n'allait pas finalement décoller à coups d'orgie sur Zoom et de sextoys connectés ? Estce que ce n'était pas le second souffle tant attendu par notre couple ? Ah la naïveté ! 

C'est embarrassant quand même, à posteriori. On était tellement jeunes en 2020. C'était il y a un an, on en avait 14. On était beau, on était chaud, on avait encore des rêves. 

Le baby blues du confinement

Et ça n'a pas vraiment fait des étincelles, c'est le moins qu'on puisse dire. Il y a deux mois, les journaux nous annonçaient avec beaucoup de pudeur que la covid-19 n'avait pas produit le baby boom escompté. Tu m'étonnes ! 

En fait, il faut lire la presse internationale pour dresser le bilan sexuel de l'année écoulée. Le titre qui ressort fait mal aux dents, et pas : "Une année sans sexe". La formule revient dans les pages des publications suivantes The Guardian, The Indépendant, Vice Magazine, Huffington Post, le New York Magazine, le New York Times, la Frankfurter Rundschau et j'en oublie sans doute un paquet. 

Selon les stats Ifop Gleeden de décembre 2020, un tiers des Français ressent un manque de libido. Un tiers rapporte une hausse de libido, ce qui, mathématiquement, nous laisse encore un tiers de Français pour qui ça ne change rien du tout. Du coup, il y en a pour tous les goûts et on pourrait se dire : "Très bien, il y en a pour tout le monde". 

Mais si on décortique les chiffres, on constate des différentiels homme-femme importants. Et plus précisément, c'est la libido des femmes qui décroche. Probablement parce que le confinement leur donne plus de boulot, donc moins de temps, donc moins de disponibilité érotique en l'occurrence. Je le dis régulièrement, mais personne ne m'écoute : 

Pour partager sa couche, il faut partager les tâches. 

Et pour ce troisième confinement, ça pourrait être différent ?

Déjà, parce que cette fois, on est encouragé à sortir. Donc avec un peu de chance, à casser cette proximité qui sabote le désir dans le couple. Deuxio, il fait beau. Plus de vitamine D, plus de testostérone, plus de jupes à paillettes, plus de rencontres peut-être dans les rayons fruits et légumes de nos commerces essentiels, bien sûr. Enfin, troisième motif d'espoir après une année sans sexe en vrai, on ne pourra pas tomber plus bas. 

C'est horrible comme consolation, mais ça enlève pas mal de pression. On ne pourra faire que mieux et c'est tout le mal que je nous souhaite. 

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