Si vous avez faim et envie de sexe tout en même temps après ça, c'est tout à fait normal. Maïa s'est demandée ce que manger comme sucre et comme gras produirait sur notre sexualité. Elle explique pourquoi il ne faut pas se laisser impressionner car il n'y a pas de corps inadapté au sexe.

Le sucre et le gras dans la sexualité
Le sucre et le gras dans la sexualité © Getty / mjrodafotografia

Côté sucre et côté gras alors ?

Côté sucre, c'est pas de la tarte. Cette substance libère en un éclair de l'insuline qui fait baisser la testostérone, donc le désir.

Côté gras, pas de souci à court terme, mais attention au long terme, le gras peut rétrécir et engorger les vaisseaux sanguins façon loukoum, ce qui peut compliquer l'orgasme et les érections. Ce n'est pas rédhibitoire, mais faute d'atteindre le septième ciel, on s'arrêtera peut-être au mont Blanc.

Il y a également la question de l'image de soi

Oui et, bien sûr, ça compte beaucoup, en France, d'après les chiffres de l'Ifop, 40 % des femmes minces se trouvent jolies, mais seulement 10 % des femmes en surpoids ou obèses. Or, on sait que la satisfaction ou même la liberté sexuelle augmente en se fondant sur la confiance en soi. Ceci dit, on ne s'alarme pas, quand on observe la satisfaction sentimentale des femmes, on s'aperçoit que la corpulence n'a aucun impact. Les plus rondes ne vont donc pas finir divorcées. Et quand on regarde la satisfaction sexuelle, certes elle va croissant avec la minceur, mais pas de beaucoup. En attendant, c'est vrai que les femmes les plus minces sont celles qui trompent le plus souvent leurs biscuits et qui ont le plus gros millefeuille de pratique.

La vie sexuelle est une vie gourmande !

Eh bien non et ce malgré les messages hyper anxiogènes dont on nous rebat les oreillettes. Florilège de titres trouvés en ligne : "comment le sucre détruit votre vie sexuelle ou comment le gras va démolir votre mariage ?" Ne vous laissez pas impressionner. Tout ça, c'est du flan. Dès qu'on se plonge dans le détail des études scientifiques, on s'aperçoit que c'est très compliqué d'établir des règles valables pour tout le monde. On peut avoir du gras et jouir d'une vie sexuelle formidable, de même qu'on peut se gaver de sucre pour bénéficier de ses effets anti-stress.

De toute façon, les régimes c'est peine perdue et même pain perdu. Chaussons le naturel, il revient au galop ! Mais c'est quand on se tourne vers la sociologie que les choses deviennent intéressantes parce que les problèmes de surpoids, ils sont essentiellement dus à un environnement social inadapté. Et, en sexualité, c'est exactement le cas, on a un érotisme friand de personnes minces, un Kamasutra friand de personnes souples, mais ça ne veut pas dire que ça correspond à la réalité du désir ou du plaisir.

Quand j'habitais aux Etats-Unis, un peu plus loin que le Paris-Brest, j'avais assisté à un atelier sexe pour personnes obèses. Des éducatrices expliquaient avec une bienveillance religieuse comment choisir ces sex-toys et dans quelle position les utiliser, avec plein d'astuces pour que ça passe crème. J'ai appris un million de trucs, c'était d'excellents conseils et ça permettait de sortir des prophéties où le surpoids soit synonyme de position et de pratiques pauvres comme un mendiant.

Par ailleurs, il y a des pratiques que le gras favorise, comme les coïts entre les seins et entre les cuisses et certains jeux de domination. D'où ma conclusion : sauf problème médical archi grave, il n'y a pas de corps inadapté au sexe, à condition qu'on arrête de se gaufrer une culture sexuelle excluante plutôt que des solutions pour maigrir, on pourrait proposer des solutions pour jouir, ce serait vraiment chou et on laisserait les adeptes de pâtisseries profiteroles en toute tranquillité de leur vie sexuelle.

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