A partir de la lecture du livre de Sandra Lucbert "Personne ne sort les fusils" au sujet du procès France Télécom.

On sort les micros
On sort les micros © Radio France / Antoine Chao

Le procès de France Télécom s'est déroulé pendant trois mois, de mai à juillet 2019, ses dirigeants de l'époque sont accusés d'avoir organisé la maltraitance de leurs  salariés, du harcèlement moral qui avait entrainé une vague de suicides  entre 2006 et 2010.

Je suis allé assister à quelques audiences du procès pour faire un reportage dans « Comme un bruit qui court » : Procès France Télécom, le management sauvage au banc des accusés, j’y étais sensible parce qu’en 2009 j’étais allé à Annecy, aussi en reportage, mais pour « Là-bas si j’y suis »/ Orange stressée, j'y avais rencontré les amis, collègues et camarades mobilisés de Jean-Paul Rouanet. Jean-Paul avait mis fin à ses jours quelques jours auparavant, le 30 septembre 2009, c'était le 24e suicide dans l'entreprise et Jean-Paul avait, avant de se jeter d’un pont, dénoncé dans un courrier les conditions de travail et les pratiques managériales chez France Télécom.

Quand j’ai lu le dernier livre de  Sandra Lucbert «Personne ne sort les fusils » (Seuil août 2020), j’ai voulu pour ma part sortir les micros et réécouter les paroles de Solange, Robert et Danièle enregistrées à Annecy en octobre 2009.

Voir France bleu : Procès France Télécom : "La gravité de la situation s'est révélée avec le suicide de notre camarade à Annecy". 

Un grand merci à Emmanuelle Veïn pour la lecture et à Sandra Lucbert pour l'écriture et le "décryptage" de la LCN (Lingua Capitalismi Neoliberalis)

Sandra Lucbert :  Lire «Personne ne sort les fusils » édition Seuil août 2020

Voir : La littérature contre l’économie - lundisoir #11                                                        Le MEDIA Procès France Télécom : la machine infernale du néolibéralisme 

Musique: Les Blaireaux - petit chef

Réalisation: Jérôme Chélius

Merci à Eric Beynel, à lire La raison des plus forts , à consulter La petite boite à outils

Tous les prévenus, les dirigeants de l'époque et France Télécom (aujourd’hui Orange) en tant que personne morale ont été condamnés pour harcèlement moral (Cf Le Monde) Le tribunal fait donc entrer dans la jurisprudence la notion de harcèlement moral « institutionnel », « systémique », « visant à déstabiliser les salariés, à créer un climat anxiogène et ayant eu pour objet et pour effet une dégradation des conditions de travail ».

Didier Lombard et tous les autres prévenus, hormis France Télécom, ont fait appel de cette condamnation.

L'équipe