On savait que ça allait arriver un jour : une piétonne, tuée, par une voiture autonome. Ça s’est passé à Tempe, dans l’Arizona, il y a deux semaines. Elle traversait la chaussée, hors passage piéton, de nuit, un vélo à la main... La voiture, un Uber, ne l’a pas détectée, ou trop tard, et l’a percutée.

Par Morgane Tual, journaliste pour Pixels

Et ce week-end, nouvelle information dans une autre affaire plus récente : un accident de voiture impliquant une Tesla, qui a percuté un séparateur d’autoroute, le conducteur est mort. On ne savait pas au début si la voiture était en mode autopilote ou pas. Tesla a finalement annoncé que si.

Ce ne sont pas les premières morts causées par des véhicules autonomes, mais c’est la première fois qu’une piétonne est tuée, quelqu’un qui n’avait rien à voir avec la voiture. Et ça arrive juste au moment où plusieurs Etats américains ont décidé d’assouplir leurs règles pour permettre à davantage de véhicules autonomes de circuler.

La technologie a encore des failles

Elle peut parfois confondre une grosse pierre et un sac plastique, ne pas comprendre des panneaux de signalisation sur lesquels on aurait apposé certains autocollants, et on ne peut pas exclure des bugs.

Mais pour ces deux accidents, il faut bien comprendre les conditions. Dans le cas de la piétonne, une conductrice était à bord, censée réagir en cas de défaillance de la voiture - mais elle ne regardait pas la route. Et quand on voit les images de la chaussée, prises par la voiture, la piétonne apparaît au tout dernier moment et on peut vraiment se demander si un humain aurait été capable de l’éviter.

Concernant l’accident de la Tesla, là aussi un conducteur était à bord, et surtout, le mode autopilote de cette voiture était censé être une assistance à la conduite, et non pas un remplacement. Le conducteur est censé avoir ses mains sur le volant, et si ce n’est pas le cas, la voiture émet des signaux sonores, lumineux, et finit par s’arrêter. 

Ces dispositifs visiblement n’ont pas suffi

Mais dans les deux cas, une partie de la faille est humaine : les conducteurs, trop confiants envers la machine, ont relâché leur attention.

Est-ce que ça peut remettre en cause le développement de la voiture autonome ?

C’est un coup du pour le développement de la voiture autonome, c’est sûr. Uber a dû arrêter ses véhicules autonomes en Arizona, une grande association américaine de consommateurs a demandé un moratoire…

Et en même temps, il faut dire ces accidents n’ont pas lancé un énorme débat public. Car malgré tout, les accidents restent très rares, et la promesse de la voiture autonome - celle de voir drastiquement baisser le nombre de tués sur les routes - fait encore rêver.

Mais pour y parvenir, il faut que ces voitures s’améliorent et pour ça, elles ont besoin de rouler en conditions réelles, au risque de causer des accidents.

D’ailleurs côté français, Emmanuel Macron, lui, veut développer les véhicules autonomes. Il a annoncé la semaine dernière que les tests seront facilités dès l’année prochaine sur route - et il a prévu, dans le courant du mois, de présenter la stratégie de la France à ce sujet.

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