Qu'ils soient incorporés dans des smartphones ou dans des enceintes intelligentes, les assistants vocaux sont très appréciés des enfants. Mais les laisser trop de temps à passer des ordres ne va t-il pas les transformer en brutes ?

Les enceintes intelligentes sont très appréciées des enfants
Les enceintes intelligentes sont très appréciées des enfants © Getty / Washington Post

"Hey Alexa, mets Despacito!", "Ok Google, c'est quand la fin de l'école?" pour certains enfants, notamment ceux qui ne savent ni lire ni écrire, les assistants vocaux sont devenus un réflexe. Ils permettent de poser des questions à l’oral et d'avoir, quand cela marche, les réponses dans la foulée ou de pouvoir mettre leur musique préférée contre l'avis de leur parents. Mais pour que cela fonctionne correctement, il faut donner des ordres secs à la machine. 

Le premier à s'en être inquiété est un blogueur américain : il a écrit un article il y a deux ans intitulé « Amazon Echo est magique. Il est aussi en train de transformer mon enfant en connard ». Ce papa s'y inquiétait que sa fille oublie les bonnes manières et finissent par parler à tout le monde comme elle parle à son enceinte connectée sans merci ni s’il te plait. 

Le pédopsychiatre Serge Tisseron travaille sur l'usage des technologies numériques, et est de ce côté-là plutôt rassurant : "_Les enfants expérimentent avec les objets qui les entourent toutes les relations qu'ils ne peuvent en principe pas avoir avec les adultes et notamment avec leur parents_. Ils s'adressent de manière brutale à leur poupée, leur Playmobil et leur enceinte connectée mais comprennent bien que ce sont des objets. S'ils parlent mal à leurs parents, c'est aux parents de ne pas entretenir la confusion et de leur dire Tu parles peut-être comme ça à tes jouets mais pas à tes parents". 

Au même titre que la télé à une époque puis plus récemment les tablettes et les smartphones, les assistants vocaux ne doivent pas devenir les nouveaux baby-sitters de nos enfants. C’est d'autant plus tentant que les constructeurs développent de plus en plus de services dédiés aux petits pour les assistants vocaux, et même des enceintes intelligentes conçues spécialement pour eux. Mais confier l’éducation des plus jeunes à ces objets numériques c’est, prévient Serge Tisseron, les exposer à des réponses rédigées par des entreprises qui n’auront pas forcément les mêmes valeurs que leurs parents. En résumé il ne faut pas s'inquiéter qu'un enfant parle mal à ces enceintes intelligentes mais plutôt qu'il lui parle trop. 

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