Depuis deux mois, des centaines de trottinettes électriques ont envahi les rues et les trottoirs de San Francisco. Déployées par trois entreprises, sans autorisation, elles sont devenues le symbole de la fronde de certains habitants contre les entreprises tech de la Silicon Valley. La ville a décidé de légiférer.

Depuis deux mois, les trottinettes électriques partagées squattent les trottoirs de San Francisco
Depuis deux mois, les trottinettes électriques partagées squattent les trottoirs de San Francisco © AFP / JUSTIN SULLIVAN

L'affaire a été surnommée le "scooter-geddon", "scooter-pocalypse" ou encore "scooter wars". Depuis deux mois, les scooters comme on les appelle en anglais ont totalement envahi la ville. Des centaines de trottinettes électriques ont débarqué sur les trottoirs de la capitale mondiale des startupers et des salades de quinoa. Trois entreprises Bird, Lime et Spin ont, en effet, lancé fin mars leur système de partage de patinettes électriques. A l'origine, l'idée était plutôt bonne : offrir une solution "du dernier kilomètre" et ainsi pousser les San Franciscains à abandonner leur voiture au profit des transport en commun et de ces engins à deux roues. 

Les patinettes se débloquent avec un smartphone, moyennant 1$  puis chaque minute coûte 15 cents. Des bolides qui peuvent aller jusqu'à 24 kilomètres par heure et surtout que les utilisateurs peuvent garer n'importe où. Aussitôt mises en place, elles ont été aussitôt adoptées par les très connectés San Franciscains. 

Mais rapidement détestées par certains habitants

Des trottinettes slalomant entre les piétons, garées n'importe où au point d'encombrer les trottoirs, de squatter les places des vélos, ou encore d'empêcher l'accès aux rampes pour handicapés, elles ont fini par être autant détestées par certains habitants que plébiscités par les autres. Au point que sur les réseaux sociaux, les photos de trottinettes retrouvées barbouillées d'excrément, accrochées dans des arbres, démontées, ou jetées dans la baie se sont multipliées. 

Cette guerre des trottinettes symbolise aussi la fronde de certains habitants, excédés par les entreprises de la Silicon Valley tenues pour responsables d'une crise historique de l'immobilier à San Francisco.

Retirées des rues sous peine d'amende

A partir de ce lundi 4 juin, les services de trottinettes électriques partagées sont "persona non grata" à San Francisco. Les trois entreprises ont pour obligation de retirer l'intégralité de leurs engins des trottoirs sous peine d'amende (100 dollars par patinette retrouvée). Et ce, le temps pour la municipalité de mettre en place certaines nouvelles règles. A l'image d'Uber ou Airbnb il y a quelques années, ces trois entreprises ont lancé leur service de location sans demander d'autorisation, dans un flou juridique total. 

Avant que la situation ne lui échappe totalement, San Francisco a donc décidé de mettre en place une licence. Elle sera limitée à cinq entreprises, un quota sera également mis en place : 1250  trottinettes auront le droit de circuler dans les prochains mois contre une estimation de 4000 actuellement. Pour obtenir ce permis, les entreprises devront montrer qu'elles informent leurs clients sur la façon d'utiliser leurs engins (sur les pistes cyclables et non sur les trottoirs). Elles devront également partager avec la ville les données des trajets de leurs clients. 

Une réglementation qui ne semble pas arrêter les trois startups : la plus importante, Bird, projette d'être présente dans 50 villes américaines d'ici la fin de l'année. 

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