Pour l'homme d'affaire Elon Musk, la compétition entre les pays sur l’intelligence artificielle nous mènera tout droit vers la troisième guerre mondiale.

Elon Musk
Elon Musk © AFP / Brendan Smialowski

Devant des étudiants, le week-end dernier, le président russe a déclaré que celui qui deviendrait leader de l’intelligence artificielle maîtriserait le monde. Propos sur lesquels Elon Musk, le patron de Tesla a aussitôt rebondis sur Twitter.

"La compétition entre les États pour dominer l'intelligence artificielle conduira probablement à une troisième guerre mondiale" a t-il écrit lundi sur Twitter.

Pour rappel, Elon Musk est un homme d’affaire, à la tête de plusieurs sociétés dont Tesla, et surtout il vient de créer une entreprise Neuralink dont le but est d’augmenter l’intelligence humaine grâce à des implants dans le cerveau. Son but : que l’homme puisse rivaliser avec... l’intelligence artificielle. On comprend mieux pourquoi il crie au loup.

Cette diabolisation a tendance à empêcher de s'intéresser aux vrais enjeux reproche la chercheuse Laurence Devillers. Elle intervenait hier dans un débat organisé par le think tank Renaissance numérique sur l'intelligence artificielle et le travail. Est-ce que l'IA menace la moitié des emplois comme l'anticipe certaines études? La professeure à la Sorbonne pense que plutôt que d'y voir une fatalité, il vaudrait mieux réfléchir en amont à comment co-travailler avec les robots.

Il ne faut absolument pas que l'humain perde ses compétences, explique Laurence Devillers.

Pour la chercheuse, "Ce n'est pas pour dévaloriser les humains que l'on fait des machines, c'est pour augmenter ses performances. Si on ne travaille pas sur ces aspects en mettant l'humain au centre, on fait une grave erreur de société et également économique"

L'intelligence artificielle a une puissance de calcul énorme, capable d'analyser des millions de données, d'images. Elle sera bientôt, si ce n'est déjà le cas, meilleure que l'œil humain pour analyser des radios ou des IRM à la recherche de cancer. Elle est déjà utilisée pour anticiper les pannes comme celle des ascenseurs ou des trains, également employée pour repérer les opérations financières douteuses. Mais pour en tirer le meilleur profit, il faut que les hommes donnent des limites, une éthique et conservent la décision finale ajoute Laurence Devillers.

La tendance est de mettre de l'intelligence artificielle partout sans pour autant l'encadrer

Cet été, Elon Musk, encore lui, avec une centaine d’autres personnalités du monde du numérique et de la robotique, signaient une lettre demandant à l’ONU une réglementation sur les armes autonomes, ces robots ou drones capables d'agir et éventuellement de tuer, sans l'intervention d'un humain.

Mais au delà de ces utilisations extrêmes, d'autres dérives plus insidieuses nous pendent au nez. Et Elon Musk se fait beaucoup plus discret. Quelle sera, par exemple, la règle en cas d'accident avec les voitures autonomes? La voiture tuera son propriétaire en l'envoyant dans le fossé parce qu'en face il y a une voiture avec des passagers plus jeunes, ou au contraire le sauvera parce qu'il a souscrit une meilleure assurance. Bizarrement, sur le sujet ni Elon Musk ni les géants du numérique, tous à fond sur la voiture autonome, ne réclame de réglementation. Pourtant, là aussi et dans de nombreux autres secteurs elle sera nécessaire.

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