Abus de position dominante, collecte abusive des données personnelles ou encore fraude fiscale, Google était jugé lundi soir à Paris par le tribunal des Générations Futures. Un faux procès pour réfléchir à de vraies problématiques.

Google était jugé lundi soir à Paris par le tribunal des Générations Futures. Un faux procès pour réfléchir à de vraies problématiques.
Google était jugé lundi soir à Paris par le tribunal des Générations Futures. Un faux procès pour réfléchir à de vraies problématiques. © Maxppp / AGADEESH NV/EFE/Newscom

Sur scène, Audrey Pulvar, présidente du tribunal pour les générations futures tente en ouverture du procès de rassurer la directrice de la communication de Google France, Anne-Gabrielle Dauba-Pantanacce : « Au  cas où vous en douteriez, c’est un procès impartial et équitable qui vous est intenté ». Rires dans la salle. Organisé par la revue Usbek et Rica dans le théâtre de la porte Saint-Martin, ce tribunal pour les générations futures est une sorte de grande conférence qui prend la forme d’un procès avec des avocats, des témoins, et des jurés tirés au sort parmi les spectateurs

Quatre chefs d'accusation retenus contre Google. 

Google était poursuivi pour : 

  • Abus de position dominante
  • Utilisation abusive des données personnelles de ses utilisateurs
  • Fraude fiscale
  • Transhumanisme (le fait de vouloir rendre immortelle l'espèce humaine)

Composés pour moitié de vraies avocates et de l'autre de journalistes d’Usbek et Rica, Défense et procureurs ont, tour à tour, et non sans humour, fait défiler à la barre des témoins. Axelle Lemaire, l'ex-secrétaire d’Etat au Numérique a plutôt enfoncé Google sur le côté monopole en rappelant sa condamnation au niveau européen pour abus de position dominante. Un statut contesté quelques minutes plus tard par le professeur d’économie Pascal Salin. D’après lui, il y a monopole à partir du moment où il y a contrainte or les internautes sont libres d’utiliser d’autres outils.   

Anne-Gabrielle Dauba-Pantanacce, directrice de la communication de Google France, interrogée par la procureure
Anne-Gabrielle Dauba-Pantanacce, directrice de la communication de Google France, interrogée par la procureure © Radio France / Hélène Chevallier

Tristan Nitot, fondateur de la fondation Mozilla Europe, et fervent défenseur des données personnelles a lui évoqué une forme de surveillance de masse : « Google c’est l’idiot utile de la NSA » a-t-il asséné. Non sans faire réagir le banc des accusés. 

Enfin sur l’accusation de transhumanisme, le chirurgien-entrepreneur Laurent Alexandre a lui, comme à son habitude, fait de la provocation. Selon lui, c’est l’intelligence artificielle qui saura à l’avenir soigner des maladies complexes comme Alzheimer. Au vue des dépenses de recherche sur le sujet en France, il vaut donc mieux s’en remettre à l’américain Google plutôt qu’au chinois Baidu a-t-il conclut.  

Une issue surprenante. 

Je suis allée voir ce faux procès en pensant en connaître déjà l'issue : ce serait forcément un procès à charge et Google serait condamné. Et bien j’ai été surprise. Les débats n’ont clairement pas été impartiaux mais la défense a tout de même réussi à marquer quelques points auprès du public et donc du jury. Pour preuves, sur les quatre chefs d’accusation, Google a été reconnu coupable pour abus de position dominante et évasion fiscale mais ni pour le transhumanisme ni pour collecte abusive des données personnelles. Une dernière décision assez intéressante mais là peut-être que les jurés se sont un peu sentis responsables, voir coupables.  

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