La pièce de Joris Mathieu met en scène uniquement des robots.

Artefact
Artefact © Radio France / Hélène Chevallier

Du Shakespeare récité par un robot cela peut être, au premier abord, assez surprenant. Cette pièce s'appelle Artefact, elle était jouée le week-end dernier lors du festival Sors de ce corps à la Gaieté Lyrique à Paris, un festival qui s'interroge sur la transformation du spectacle vivant par la technologie. Avec cette pièce, Joris Mathieu va très loin puisqu'il n'y a plus aucun acteur humain sur scène. Ils ont été remplacés par des machines : des imprimantes 3D ou un robot industriel.

Dans cette pièce, un chatbot, ou assistant conversationnel en bon français, tente donc de créer une pièce de théâtre après la disparition des hommes. Un théâtre de machines s'inventent alors à partir de tous les matériaux laissés par les êtres humains. Les machines impriment leur propre décor, font apparaître des comédiens via des hologrammes, et utilisent des voix de synthèses pour déclamer leur texte. Et il vient d'où le texte? De mélange de pièces écrites par les humains, quand ils étaient encore là. Pour l'écriture de cette pièce, Joris Mathieu a poussé le concept jusqu'au bout en travaillant avec des chatbots. Certains des dialogues que l'on entend sont issus de ces échanges, ils peuvent parfois être poétiques, philosophiques, absurdes... Et c'est d'ailleurs ce qui est troublant dans cette pièce : les robots finissent par provoquer des émotions aux spectateurs. Et me dire que j'ai été émue par un gros bras articulé jaune ce n'est quand même pas commun. 

Et si c'est encore l'humain qui a mis en scène et écrit cette pièce, serions-nous émus de la même manière si le metteur en scène était un robot? Les premières créations culturelles des intelligences artificielles, que ce soient des scénarios de films ou des albums de musique, montrent que c'est encore loin d'être satisfaisants. 

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