L'Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique fête ses 50 ans en ce moment au 104 à Paris. Le prestigieux institut est à la pointe des sujets numériques, intelligence artificielle en tête. Mais il pourrait souffrir d'une pénurie de chercheurs.

L'INRIA fête ses 50 ans au 104 à Paris
L'INRIA fête ses 50 ans au 104 à Paris © Radio France / Hélène Chevallier

C’est un peu notre MIT à nous (le Massachusetts Institute of Technology étant un des meilleurs centres de recherche au monde en matière de sciences et de numérique) mais avec un budget 10 fois inférieur. L'INRIA organise depuis hier et jusqu'à ce soir au 104 à Paris un rassemblement pour fêter l'anniversaire de sa création. Pour la petite histoire l'institut a été créé en 1967 au moment du plan Calcul lancé sous la présidence de Charles de Gaulle. Le but était à l’époque de créer une industrie informatique française, notamment pour contrer la montée des Américains sur ce marché. Autant dire que de ce côté-là, c’est un échec. 

Une quarantaine de start-ups créées en 6 ans

Mais l’INRIA n'a pas pour autant disparu. Bien au contraire, il compte actuellement 2400 collaborateurs, la moitié sont des doctorants, répartis dans 8 centres sur toute la France. Les équipes planchent aujourd'hui beaucoup sur l’intelligence artificielle, la robotique, la reconnaissance vocale, la voiture autonome, la réalité virtuelle…  Il y a pas mal de recherche fondamentale, c'est indispensable, mais aussi de plus en plus d'applications bien réelles aussi qui en sortent. Les chercheurs travaillent avec des entreprises comme Facebook, Google, Total,...  Une quarantaine de start-ups y ont également vu le jour ces 6 dernières années.

Deepomatic, par exemple, est un système capable d’analyser des images prises par une caméra grâce à une intelligence artificielle.  "Il y a beaucoup d'usages différents" explique Augustin Marty, un des trois co-fondateurs "Les hôpitaux ou les maisons de retraite peuvent détecter des personnes lorsqu'elles chutent, qu'elles tombent de leur lit de façon automatique et envoyer quelqu'un pour les secourir.  Un péage peut reconnaître de loin un véhicule qui arrive, repérer sa catégorie, par exemple une voiture avec une grande remorque, lire sa plaque d'immatriculation et facturer automatiquement. Donc la barrière est amenée à disparaître." La start-up qui emploie aujourd'hui une vingtaine de personnes propose également un système qui repère les armes à feu et déclenche la fermeture automatique des portes d'un bâtiment.  

Vous bénéficiez peut-être de technologies issues de l'INRIA sans le savoir

Si vous êtes fan de Game of Thrones, sachez que c'est le logiciel de la start-up bretonne Golaem qui a réalisé les foules de marcheurs ou de Dothrakis de la série. Une autre start-up d'analyse d'images Regaind créée à l'INRIA a été rachetée récemment par Apple. Sa technologie sera certainement incorporée prochainement aux logiciels photos de ses Iphones.

Bientôt une pénurie de chercheurs pour l'INRIA?

Avec l'explosion du numérique, le marché de la recherche devient tendu et Antoine Petit, le patron de l’INRIA commence à s'inquiéter pour ses futurs recrutements d'autant que les écoles de mathématiques et d'informatique françaises brillent au niveau mondial. Les talents sont là, il faut juste être capable de les garder et quand on voit les investissements actuellement des Etats-Unis, de l'Angleterre, de l'Allemagne et encore plus de la Chine dans le secteur, on peut être inquiet. "C'est bien d'annoncer que le numérique est une priorité", confie Antoine Petit, "mais à un moment il va falloir que cela se traduise par des moyens financiers et des efforts dans l'éducation et la formation." Efforts notamment à orienter auprès des jeunes femmes car elles ne représentent que 20% des chercheurs de l'INRIA actuellement.

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