Une équipe de chercheurs japonais a réussi à créer un robot bio hybride : ses mouvements sont exécutés grâce à de vrais tissus musculaires.

Les muscles de rat sont disposés de part et d'autre du squelette synthétique
Les muscles de rat sont disposés de part et d'autre du squelette synthétique © Capture d'écran

Il est certes tout petit mais fait la une du magazine Science Robotics. Il s'agit d'un robot de deux centimètres et demi, une sorte de petit doigt bio hybride, composé à la fois d'un squelette en matière synthétique sur lequel ont été greffés des muscles de rats. La vidéo qui accompagne la publication est fascinante : stimulé par de l'électricité ce doigt semi-artificiel se plie à 90 degrés et est capable de soulever un anneau très léger pendant une dizaine de secondes avant de le reposer quelques centimètres plus loin. C'est une équipe de chercheurs de l'université de Tokyo qui est à l'origine de cette prouesse. Ils ont, en fait, cultivé des cellules souches de muscles de rats qu'ils ont ensuite fixées au squelette synthétique, un muscle de chaque côté, l'un se contractant pendant que l'autre s'étire, grâce à des mini impulsions électriques. 

Pour le moment, les robots ont des gestes extrêmement rigides, les scientifiques travaillent sur des matières synthétiques qui pourraient les rendre plus agiles, plus souples : des polymères, des matières à mémoire de forme notamment mais pour le moment rien ne remplace l'élasticité des muscles vivants explique Philippe Souères, directeur du département robotique du LAAS CNRS et spécialiste de robotique humanoïde : "Dès que l'on veut concevoir des systèmes robotiques en interaction avec l'homme, on a besoin de systèmes qui sont beaucoup moins rigides, parce qu'ils ne doivent plus être dangereux pour l'homme. Par exemple, un robot qui va réaliser un tâtonnement pour essayer de localiser un objet, il va falloir que les chocs de la main avec l'objet ne soient pas trop rigides sinon on peut le casser. En introduisant ce que l'on appelle de la compliance, de l'élasticité dans la liaison, on peut réaliser la tâche de façon beaucoup moins dangereuse." 

Bientôt des robots mi-acier mi-muscle ?

Sincèrement, cela reste encore de la science fiction. Le doigt bio-hybride de nos chercheurs japonais ne résiste encore qu'une semaine, et encore, en étant plongé constamment dans l'eau. Mais c'est déjà une avancée car jamais des chercheurs n'avaient réussi à faire fonctionner un muscle sans qu'il ne se dégrade très rapidement.  Au delà des robots, ces techniques pourraient être utilisées pour de la chirurgie réparatrice, remplacer certains muscles du visage par exemple. L'équipe japonaise estime que si elle arrive à combiner plusieurs de ces muscles dans un seul appareil, elle pourrait être capable de reproduire la complexité d'une main ou d'un bras. 

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