C’est une première, un test génétique pour dépister des prédispositions de cancer du sein, des ovaires ou de la prostate sera bientôt disponible en vente libre. La FDA, Food and Drug Administration, vient d'autoriser l'entreprise 23andMe de le commercialiser directement au consommateur.

Améliorer le dépistage du cancer du sein
Améliorer le dépistage du cancer du sein © Getty

Il suffit de commander le test à 199 dollars, de cracher dans un petit tube, et on obtient les résultats quelque semaines plus tard.  23andMe fait partie de ces entreprises à avoir popularisé il y a quelques années les tests d’analyse d’une partie du génome auprès du grand public. Entreprise dans laquelle Google a d’ailleurs investit. A l’origine, elle proposait pour 99 dollars un test salivaire pour connaître ses origines puis pour 100 dollars de plus de repérer les risques de développer une dizaine de maladies dont Alzheimer et Parkinson. La commercialisation de ce dernier test a été suspendue pendant plusieurs années par la FDA avant d’être finalement autorisée l’année dernière. 

Des tests qui font réagir la communauté des généticiens

Dans le cas du cancer du sein,  si ces derniers ne mettent pas en cause la véracité du test, c’est plutôt la méthode qui pose problème. Déjà, le test commercialisé par 23andMe ne couvre pas l’ensemble des mutations génétiques que peuvent engendrer ce type de cancer explique Dominique Stoppa Lyonnet, responsable du service génétique de l’Institut Curie. "Il s'agit d'un test extrêmement simple, trois altérations dans deux gènes (sur les 1000 possibles), BRCA1 et BRCA2, gènes dont on a beaucoup entendu parlé avec Angelina Jolie. Ces trois altérations possibles sont très significatives si elles sont identifiées. Mais ce test est très limité donc s'il est négatif il n'élimine pas un facteur génétique de risque, et loin de là.". Comment gérer également les résultats s'ils sont positifs et que l'on obtient 40% de risque de développer un cancer? La personne qui a commandé le test se retrouve seule avec ses résultats. 

Absence de prise en charge et d’accompagnement.

En France, commander un tel test est interdit. Ce type de recherche est extrêmement encadrée. Les 24 000 tests génétiques de prédisposition aux cancers du sein ou des ovaires réalisés en 2016 en France ont été prescrits par un médecin.  Médecin qui a accompagné le patient avant et après le test pour l'aider à se préparer aux résultats.  Dernier point qui pousse à se méfier de ces tests grands publics. Chaque envoi de salive enrichit la base de données de 23andMe.  Elle dispose déjà d’aux moins 5 millions d’échantillons de génome d’individus. Données qu’elle revend notamment à des groupes pharmaceutiques. 

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