Les smartphones et assistants vocaux nous permettent-ils un accès neutre à Internet? La réponse est NON selon le président de l'ARCEP, Sébastien Soriano. Le gendarme des Télécoms publie un rapport sur le sujet aujourd'hui.

Pour l'ARCEP, le maillon faible de l'Internet ouvert ce sont les terminaux
Pour l'ARCEP, le maillon faible de l'Internet ouvert ce sont les terminaux © ARCEP

L'ARCEP, l'autorité de régulation des télécoms, publie ce jour et après plusieurs mois de consultation un rapport sur la neutralité non pas de l'Internet mais des appareils qui nous permettent d'y accèder. Dans le collimateur de Sébastien Soriano, son président, il y a notamment les smartphones. La façon dont ils fonctionnent, avec des applications, a tendance à limiter le champ d'accès à internet. Et ces applications ce sont deux géants qui ont droit de vie ou de mort dessus, Apple et Google. Ce sont eux qui acceptent ou non (avec des règles particulièrement strict pour Apple) quelles applications peuvent entrer dans leur magasin en ligne Apple Store et Google Play. Ce sont aussi eux qui décident de quelle application y est mis en avant. Un contrôle qui devrait s'accentuer avec les assistants vocaux puisqu'ils décideront à la place de l'utilisateur où aller chercher l'information.  

Pour l'ARCEP, les règles de neutralité de l'internet doivent s'appliquer aux terminaux. 

Depuis novembre 2015, le règlement européen garantit le droit des citoyens d'accéder librement à tout contenu sans aucune entrave. Sauf que pour Sébastien Soriano cela ne sert à rien si ce n'est pas le cas aussi pour les smartphones ou les assistants vocaux. Ces acteurs ont pris un pouvoirs considérable, il faut un contrôle économique, démocratique sur eux, estime Sébastien Soriano. Pour cela, le gendarme des Télécoms s'adresse au secrétaire d'Etat au numérique Mounir Mahjoubi, aux parlementaires, et à l'Union européenne. Il leur demande de réglementer aussi les terminaux. Dans ces recommandations, le rapport propose d'obliger ces acteurs à ouvrir la boîte noire, les obliger à communiquer un certain nombre de données brutes sur le fonctionnement de leurs smartphones, système d'exploitation ou de leurs magasins d'applications... L'autorité recommande également la possibilité de pouvoir supprimer les applications pré-installées ou l'obligation de présence de magasin d'applications alternatif. 

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