Legal Fling souhaite authentifier les consentements sexuels entre les partenaires avant le passage à l’acte en utilisant la Blockchain.

L'application envoie des notifications au partenaire
L'application envoie des notifications au partenaire © Legal Fling

Dans la tribune du Monde de 100 femmes réclamant une liberté d’importuner, les auteures extrapolent en parlant d'un jour où deux partenaires inscriront les pratiques sexuelles qu'ils acceptent ou qu'ils refusent dans une application. Et bien cela existe déjà. Plusieurs ont déjà été lancées aux Etats-Unis notamment à destination des étudiants. Une nouvelle application fait pas mal parler d'elle ces derniers jours.  Elle est en train d'être développée par une équipe Néerlandaise : Legal Fling, que l'on peut traduire en français par "relation sexuelle encadrée". Legal Fling souhaite authentifier les consentements sexuels en utilisant la Blockchain. Ce système informatique décentralisé qui permet de sécuriser des données, des contrats, des monnaies virtuelles et donc des consentements sexuels. 

Imaginons que Partenaire A va boire un verre avec Partenaire B et que Partenaire A a bien envie de terminer la soirée en beauté. Avant de retrouver Partenaire B ou au cours de la soirée, Partenaire A va envoyer par sms ou un message instantané à Partenaire B un Fling, une demande de consentement sexuel. Dans cette demande, il précisera ses préférences sexuelles, s'il souhaite utiliser un préservatif, s'il aime prendre des photos ou des vidéos ou utiliser un langage fleuri. Là, déjà il faut quand même être fin stratège pour ne pas envoyer le Fling trop tôt ou trop tard. Cela peut un peu refroidir. Imaginons que Partenaire B soit d'accord avec tout cela, il valide et le consentement est enregistré dans la Blockchain. Précision : la durée de l'accord courre de quelques heures à plusieurs années. L'application peut également envoyer une demande de consentement à un groupe de personnes.  

Les utilisateurs enregistrent leur préférence sexuelle
Les utilisateurs enregistrent leur préférence sexuelle / Legal Fling

Le but c'est de prévenir les viols mais cela pourrait avoir l'effet inverse

Les créateurs de Legal Fling expliquent sur le site que le consentement avant le rapport devrait être la norme mais que cela n'arrive jamais. Pour eux, l'application est une façon simple et rapide de clarifier les choses. Soit! C'est aussi une manière de se protéger d'éventuelles poursuites mensongères. Même si l'application n'aurait en France aucune valeur légale, ce contrat pourrait tout de même être pris en compte lors d'une instruction par exemple : "Non je ne l'ai pas violé, regardez elle avait validé un consentement dans l'application". A l'inverse, que se passe-t-il si au cours de l'acte et après avoir signé ce consentement la personne se ravise? Le site précise qu'un non est un non et ce à tout moment. Donc si au cours du rapport, l'un des deux partenaires change d'avis, l'autre ne peut pas exiger de rapport au motif qu'un consentement a été signé. Vous pouvez par ailleurs, selon l'application, retirez votre consentement en un seul clic. Sauf que un des partenaires pourrait penser qu'il y a une obligation, une légitimité à aller jusqu'au bout de l'acte sexuel puisqu'un consentement a été signé. Et si la personne essaye de porter plainte pour viol ou agression sexuelle, la présence de ce consentement pourrait fragiliser son témoignage et rendre plus difficiles les poursuites. 

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.