Visite de Clinatec : un laboratoire unique en France qui explore la médecine de demain. Ingénieurs et médecins y travaillent notamment sur un système robotisé qui permet de refaire marcher des patients entièrement paralysés.

Le professeur Alim-Louis Benabid est le co-fondateur de Clinatec
Le professeur Alim-Louis Benabid est le co-fondateur de Clinatec © Radio France / Hélène Chevallier

Laboratoire créé il y a dix ans et situé à Grenoble, sur le campus du CEA (le Commissariat à l’énergie atomique), Clinatec est un site unique en France : il regroupe à la fois des mathématiciens, des physiciens, des roboticiens, des médecins et… des patients, puisqu’il accueille aussi un mini-hôpital (6 chambres).  

Clinatec teste des traitements alternatifs sur des malades en utilisant des nouvelles technologies

Les recherches portent sur l’obésité, les acouphènes, les TOC (troubles obsessionnels compulsifs) ou encore l’épilepsie. Le principe est souvent le même : l’introduction d’un implant dans le crane, qui va stimuler une partie du cerveau, avec de la lumière par exemple pour les personnes atteintes de la maladie de Parkinson ou avec du froid pour les épileptiques : "Imaginez une sonde, une tige, une électrode. Un système à l'intérieur duquel il y a un matériel qui va permettre de conduire du froid. Le froid va pouvoir se dissiper à l'intérieur du cerveau, qui est à l'origine des crises", explique le docteur Stéphan Chabardès. Le neurochirurgien au CHU de Grenoble, et responsable des activités médicales de Clinatec, espère que cette technologie améliorera la vie des 30 000 épileptiques pour qui les médicaments ne fonctionnent pas en permettant de diminuer "à la fois le nombre des crises mais aussi leur gravité". Là on est encore au stade de la recherche, il faudra encore attendre dix ans, si les essais cliniques sont probants, pour que cette technologie soit disponible. 

L'implant intégré dans le crane du tétraplégique permet de communiquer les intentions de mouvements à l'exosquelette.
L'implant intégré dans le crane du tétraplégique permet de communiquer les intentions de mouvements à l'exosquelette. © Radio France / Hélène Chevallier

Un exosquelette commandé par la pensée

Depuis un an, un patient paralysé des quatre membres teste cette structure robotisée unique dans laquelle il est maintenu debout. Un exosquelette qui lui a redonné un début de mobilité. Le test clinique se passe pour le moment dans le plus grand secret. Cela fait dix ans que le professeur Alim-Louis Benabid, un des plus grands neuro-chirurgiens au monde et cofondateur de Clinatec, travaille sur ce projet : "Quand il est en position assise, il se lève, ensuite il marche, et ensuite il peut bouger les deux bras. Et il peut tourner le bras pour ouvrir une porte." Un robot uniquement commandé par le cerveau du patient. 

C’est LA performance de cette innovation : l’exosquelette communique avec le tétraplégique grâce à un implant placé dans son cerveau qui détecte les intentions de mouvements. "Quand le patient va imaginer bouger son bras, derrière cela va générer une activité cérébrale spécifique au niveau du cortex moteur. Et c'est cette activité cérébrale qui est ensuite décodée pour être convertie en commandes du robot", explique Guillaume Charvet, l’ingénieur en charge du développement technologique de cet implant. Mais pour que cela fonctionne, il faut s'entraîner : l'unique patient qui teste l’exosquelette se rend cinq jours par mois à Clinatec pour s'exercer. L'équipe ne devrait pas tarder à publier les premiers résultats.

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