À l'occasion de la Nantes Digital Week, une équipe du CHU de Nantes a fait une démonstration de drone commandé par le cerveau.

L'équipe du CHU de Nantes a fait une démonstration de drone commandé par la pensée lors de la Nantes Digital Week
L'équipe du CHU de Nantes a fait une démonstration de drone commandé par la pensée lors de la Nantes Digital Week © Radio France / Hélène Chevallier

Aurélien est concentré, cet ingénieur porte sur la tête un bonnet d’où sortent plein de fils reliés à un ordinateur. Il s’agit d’une quinzaine d’électrodes placées à l’arrière de son crâne sur des zones stratégiques du cerveau. Devant lui, le drone est en l’air et attend d’être commandé. Sur un écran devant lui apparaît un cadran avec des flèches. Il se concentre sur celle en oblique, celle qui pointe en bas à gauche, et au bout de quelques secondes, effectivement le drone bouge dans cette direction.

L'ordinateur a relié l'activité d'une partie spécifique du cerveau au mouvement du drone

Cette technique, certes impressionnante, reste imprécise et lente. Elle ne remplace pas la manette pour piloter le drone. En fait, c’est une démonstration créée par le CHU de Nantes en collaboration avec l’école Centrale pour sensibiliser le grand public. Une personne paralysée pourra dans le futur commander des objets (un fauteuil roulant ou un robot d’aide à domicile par exemple) en implantant directement les électrodes dans le cerveau. Plusieurs expériences ont déjà été menées.

Aux États-Unis, une femme tétraplégique a réussi ainsi à commander un bras, pas le sien, mais celui d’un robot pour manger une tablette de chocolat. Mais le système ne peut pour le moment être implanté que pour de courtes expériences, sous peine d'infections.

En attendant, Vincent Roualdes, neuro-chirurgien au CHU de Nantes, souhaite utiliser ces techniques de commande par la pensée dans le cadre de rééducation suite à des AVC ou à des amputations. La rééducation est en effet souvent assez peu efficace pour les AVC, et les malades amputés ressentent des douleurs fantômes très difficiles à soigner. Cette nouvelle approche thérapeutique permet selon lui de ré-entraîner les neurones.

Dans le monde, près de 500 personnes ont déjà participé à cette nouvelle forme de rééducation uniquement dans le cadre d'essais cliniques. Vincent Roualdes espère pouvoir démarrer une phase d’essais cliniques l'année prochaine au CHU de Nantes.

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