Street Press, site d'information gratuit destiné aux 20-35 ans, a décidé d'expérimenter une nouvelle source de financement.Toute la semaine dernière, pendant qu'un internaute lisait un article sur le site, son ordinateur était utilisé pour le fonctionnement d'une monnaie virtuelle.

Pendant une semaine, les visiteurs de StreetPress ont miné de la crypto-monnaie
Pendant une semaine, les visiteurs de StreetPress ont miné de la crypto-monnaie © streetpress

La concurrence est de plus en plus rude et les sites internet d'informations ont bien du mal à trouver des revenus. La faute à... Facebook et Google qui phagocytent la publicité. Certains cherchent donc d'autres business models en se lançant dans des abonnements payants. Mais cela ne correspond pas à tous les publics, surtout lorsque l'on vise des lecteurs jeunes pour qui les fins de mois sont parfois un peu difficiles. Street Press, par exemple, est un site d'information gratuit destiné aux 20-35 ans. Il met en ligne beaucoup d'enquêtes, d'articles de terrain sur la vie urbaine, les bavures policières. Une investigation qui a un coût mais pas question pour la rédaction de passer à l'abonnement payant. Le site a donc décidé d'expérimenter une nouvelle source de financement en utilisant la technologie CoinHive

Johan Weisz (à gauche) entouré d'une partie de la rédaction de StreetPress
Johan Weisz (à gauche) entouré d'une partie de la rédaction de StreetPress © Radio France / Hélène Chevallier

Toute la semaine dernière, pendant qu'un internaute lisait un article sur Street Press son ordinateur était utilisé pour le fonctionnement d'une monnaie virtuelle, le Monero. Johan Weisz, le fondateur du média explique : "Le principe des monnaies virtuelles, à l'instar du Bitcoin, est que les ordinateurs minent, c'est à dire qu'ils vérifient les transactions, et sont rémunérés pour ce travail en monnaies virtuelles. Là, on fait travailler les ordinateurs de nos lecteurs pour qu'ils fassent des calculs et que ces calculs soient transformés en monnaies virtuelles pour financer le média". Financer le média ou plutôt son stock de dosettes à café. Car les résultats ne sont pas folichons. Vendredi, l'expérimentation avait rapporté à Street Press l'équivalent de 2 euros. Johan Weisz a pris sa petite calculette : s'il augmente un peu la part de puissance de calcul des ordinateurs des lecteurs, il récoltera une centaine d'euros à la fin du mois. Mais rien de décourageant pour l'équipe qui va continuer les expérimentations, aidée par ces lecteurs d'ailleurs. 

500 millions d'internautes mineraient sans le savoir

Pas de surprise pour les lecteurs de Street Press, le site les a prévenus via un bandeau qui apparaît au moment de la connexion sur le site. D'ailleurs, l'initiative a été plutôt bien acceptée. Certains internautes ont même proposé de laisser une page de leur navigateur ouverte sur StreetPress.com pour faire fonctionner leur ordinateur. Mais d'autres sites n'ont pas été aussi transparents. Au moins 500 millions d'internautes auraient miné des monnaies virtuelles sans le savoir, selon l'étude d'une société de sécurité informatique. Des sites comme Pirate Bay, notamment connu parce qu'il permet de télécharger illégalement des films et des séries, mais aussi Showtime, le site de la chaîne de télévision américaine. Un chercheur en cybersécurité parle même de plus de 30 000 sites qui utiliseraient cette technologie.  Certains sans le savoir. Ils seraient victimes de pirates informatiques qui ont injecté cette technologie dans le site sans que leur propriétaire sans aperçoivent et qui se font de l'argent en faisant miner les internautes à leur insu.

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