L’application a plus de deux ans, elle a été lancée en 2015, dans un anonymat relatif. Mais ces dernières semaines, portées par des légions d’influenceurs qui en font la promotion sur Instagram, la plateforme a été propulsée en tête des téléchargements mobiles aux Etats-Unis.

Vero, le "vrai" réseau social
Vero, le "vrai" réseau social © Vero app

La promesse de Vero ? Etre un réseau “true social”, véritablement social, comme son nom semble d’ailleurs l’indiquer. En italien, vero veut dire vrai.

On ne va pas se mentir, l’originalité de Vero ne saute pas aux yeux. Sur une interface sobre aux teintes sombres et bleutées, vous pouvez poster des liens, partager des photos et tutti quanti. L’application permet tout de même d’affiner ses paramètres de confidentialité sans avoir besoin d’être diplômé de Polytechnique. Aucun risque de partager votre intimité familiale avec des semi-inconnus. Le serment de Vero, c’est de ne jamais revendre vos informations personnelles. Ses dirigeants le jurent : 

Vero ne se financera jamais par la publicité et ne collectera pas vos données. 

Une manière de se démarquer de Facebook et Instagram, de plus en plus critiqués pour leurs algorithmes un peu trop intrusifs. Pour se financer, l’application fait le pari suivant : gratuite pour le premier million d’abonnés, payante ensuite. Un bon coup de com’. Elle devrait également proposer des produits à la vente, sur lesquelles elle prélèvera une commission. Pas des couches pour bébé ou du pâté Hénaff : en octobre 2016, Vero a vendu une Aston Martin DB5 - celle de James Bond - pour la modique somme de 825 000 livres sterling.

Un Facebook pour CSP+++

Vero n’est clairement pas calibré pour les adolescents. Peut-être que cela a à voir avec le pedigree de son créateur. Le Figaro nous dit que Vero a été fondé par un entrepreneur libanais. Et pas n’importe lequel, puisqu’il s’agit d’Ayman Hariri, le fils de Rafic Hariri, le premier ministre du Liban, assassiné en 2005. 

Jusqu’à présent, Ayman Hariri était vice-président de Saudi Oger, une entreprise saoudienne de BTP dirigée par son frère Saad, qui est dans le collimateur des autorités françaises et saoudiennes. Et pour cause : l’entreprise, régulièrement accusée de corruption, doit encore près de 15 millions d’euros d’arriérés de salaires à ses employés français. C’est sûr, à côté, un réseau social, aussi alternatif soit-il, ressemble à un choix de carrière un peu moins risqué.

Dans les interviews qu’il a pu accorder, Ayman Hariri regrette par exemple que ses amis changent de comportement lorsqu’ils communiquent à travers un ordinateur. A l’écouter, Facebook serait devenu un gigantesque centre commercial sans âme, un mall climatisé à l’américaine, à l’intérieur duquel le moindre de vos comportements est traqué, analysé puis monétisé. Avec une fortune estimée à plus d’un milliard de dollars, Hariri peut effectivement se payer le caprice d’un réseau social sur mesure.

Il y a toujours quelque chose de délicieusement suicidaire dans ce genre d’initiative, presque toujours vouées à l’échec et à l'oubli en l'espace de quelques semaines. 

L’occasion de rappeler que le cimetière des anti-réseaux sociaux commence à être bien rempli : Diaspora, Ello, Path, Google+, cette chronique vous est dédiée.

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