Cédric Villani a dévoilé ce mercredi soir son plan pour relancer la France dans la course à l'intelligence artificielle. Dans la foulée, Emmanuel Macron annoncera de premières mesures dans l'après-midi.

Cédric Villani
Cédric Villani © Radio France

Le député de la République en marche et mathématicien de renom a eu 6 mois (plus de 300 auditions) pour réaliser ce rapport de 240 pages. Son but : choisir les bonnes orientations pour ne pas louper la révolution technologiques de l'intelligence artificielle comme la France a pu le faire pour Internet ou la robotique. Car au vu du potentiel de l'IA, la maîtriser c'est faire partie dans le futur des plus grandes puissances.  

Ne pas devenir une cyber-colonie

A l'inverse, si on loupe cette marche, Cédric Villani n'est pas très optimiste : "Si on ne se lance pas dans l'intelligence artificielle, la France comme l'Europe, nos entreprises seront équipés avec des logiciels et des robots qui viendront d'autres continents. On perdra encore plus notre souveraineté, encore plus notre économie et on se transformera petit à petit en cyber-colonie" Actuellement la Chine, les Etats-Unis, et les GAFA regroupent à eux seuls 90% des investissements dans l'intelligence artificielle. Pékin a annoncé qu'il allait débourser 19 milliards d'euros d'ici à 2020. 

Comment  jouer dans le cour des grands ? 

Il y a deux grands enjeux principaux selon Cédric Villani. 

  • Avoir un accès à des bases de données

C'est le pétrole de l'IA, sans ces millions de données, que possèdent par exemple des géants comme Facebook ou Google, impossible d'entraîner les intelligences artificielles. En France, pour le moment, cet accès est extrêmement compliqué pour un chercheur ou une start-up. Alors que, par exemple, nous disposons grâce au système d'assurance maladie d'une des 5 plus grandes bases de données au monde en matière de santé. Le potentiel est énorme. Le député de l'Essonne souhaite que soit mis en place des plateformes qui permettent la connexion et la comparaison entre différentes bases de données issues de différents acteurs

  • Rendre la recherche française attractive 

C'est l'autre nerf de la guerre, pour Cédric Villani, il faut donner envie aux cerveaux français de rester dans l'hexagone. Car le problème de la France ce n'est pas qu'elle n'a pas de bons chercheurs, au contraire elle est reconnue à travers le monde pour l'excellence de ses écoles de mathématiques et de sciences en informatiques. Beaucoup de grands chercheurs dans le domaine sont français à l'image de Yann Lecun, patron du laboratoire d'intelligence artificielle de Facebook, un des pionniers du Machine Learning, des logiciels qui apprennent seuls. 

Actuellement,  le travail des chercheurs est constamment ralenti par des tâches administratives, des appels à projet, les demandes d'accès à des bases de données confie un grand spécialiste de l'intelligence artificielle. Constat que partage Cédric Villani dans son rapport. Il demande à l'état de simplifier les démarches, de faire preuve d'une plus grande souplesse. Autre problème : les salaires. Ils sont 2, 3, 4 fois inférieurs à ce que peuvent proposer certains géants de l'Internet par exemple. "Un doublement des salaires en début de carrière est un point minimal indispensable" écrit le mathématicien dans son rapport. Depuis, il est un peu moins virulent sur les salaires car cela ne fera pas partie des annonces d'Emmanuel Macron cet après midi. 

Fujitsu et Samsung annonce l'implantation de leur laboratoire en France

L'Elysée n'est pas très bavard mais le président de la République devrait annoncé des investissements conséquents, certes rien à voir avec la Chine mais de l'ordre de plusieurs centaines de millions d'Euros par an. Ils seraient principalement concentrés sur le développement de la recherche notamment dans quatre secteurs principaux : la santé, les transports, l'environnement et la cyber-défense. Preuve de l'attractivité de la France dans le domaine, après Facebook et Google, l'Elysée a annoncé hier soir que Samsung et Fujitsu allaient implanter d'importants laboratoires d'intelligence artificielle en Ile-de-France.

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