Soupçonné d'être l'un des plus célèbres tueurs en série, le tueur du Golden State, Joseph James DeAngelo a été interpellé plus de 30 ans après les derniers meurtres par l'intermédiaire d'une base d'échantillons ADN utilisée pour retrouver des proches perdus. Une méthode d'investigation qui pose des questions éthiques.

Joseph James DeAngelo lors de l'audience vendredi devant un tribunal de Sacramento en Californie.
Joseph James DeAngelo lors de l'audience vendredi devant un tribunal de Sacramento en Californie. © AFP / JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

C’est par l’intermédiaire d’un site internet de généalogie que Joseph James DeAngelo a été retrouvé.  Arrêté en début de semaine dernière, l’homme de 72 ans est accusé d’avoir commis 12 meurtres et une cinquantaine de viols en Californie entre 1976 et 1986. Les enquêteurs avaient bien récupéré des échantillons d’ADN sur des scènes de crimes mais n’avaient jamais trouvé de correspondance. Le "Golden State Killer" était devenu ce qu’on appelle un cold case. Mais l’enquête a repris un nouveau souffle il y a un an quand la police a décidé de chercher sur un site de généalogie. 

Les enquêteurs ont créé un faux profil

Ils s’appellent AncestryDNA ou 23andMe pour les plus connus. Ces sites sont extrêmement populaires aux Etats-Unis et permettent grâce à un échantillon de salive d’obtenir une analyse de son ADN pour déterminer ses origines, savoir de quelles régions du monde sont originaires ses ancêtres, mais aussi comparer son code génétique avec d’autres personnes pour éventuellement retrouver des proches perdus de vue. C’est ce deuxième aspect qui a intéressé un des enquêteurs. L’inspecteur Holes a utilisé un des seuls échantillons ADN intact du tueur retrouvé lors d’un des crimes il y a 37 ans et il s’est fait passer avec son équipe pour une personne qui cherchait des proches. 

Le site GEDmatch rassemble 900 000 échantillons d'ADN de personnes qui recherchent des proches
Le site GEDmatch rassemble 900 000 échantillons d'ADN de personnes qui recherchent des proches / GEDMatch.com

Selon le quotidien local The Mercury News,  c’est sur le site GED Match, un site qui rassemble 900 000 échantillons d’ADN issus de personnes qui partagent publiquement leur ADN pour retrouver des membres de leur familles qu’il a retrouvé des cousins liés à l'arrière arrière arrière grand père du meurtrier. L'inspecteur Holes et son équipe ont construit plus de 25 arbres généalogiques différents. Celui lié au tueur était si grand selon le journal qu'il contenait environ 1000 personnes. Grâce à d'autres indices, sa taille, son âge, la localisation des meurtres, ils ont fini par cibler un ancien policier, Joseph James DeAngelo. Ils l'ont placé sous surveillance pendant plusieurs jours afin de récupérer son ADN sur un objet qu'il aurait abandonné dans un lieu public, un gobelet à café par exemple jeté dans une poubelle. Les enquêteurs ont ainsi obtenu la confirmation qu'il avait bien le même ADN que le "Golden State killer". Il a été arrêté à son domicile dans une banlieue de Sacramento dans la foulée. 

Des questions éthiques et de confidentialité.

Si ces bases ADN ont permis de mettre la main sur un des plus célèbres tueurs en série aux Etats-Unis, leur utilisation par les autorités inquiète également. Américains en tête, de plus en plus de personnes ont recours à des tests ADN pour rechercher leurs origines ou des prédispositions à des maladies. Certaines bases d'entreprises privées sont déjà constituées d'échantillons du code génétique de plus de 10 millions de personnes. Une aubaine pour la police, d'autant que, comme on l'a vu dans cette histoire, même l'ADN d'un cousin éloigné peut permettre de fournir des informations. 

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