"France Inter met les pieds dans le plat". A l'occasion de la journée spéciale sur l'alimentation, que mangerons-nous dans le futur? De plus en plus de startups travaillent sur des viandes et poissons élevés en laboratoire. Leur but : Diminuer l'impact de l'élevage sur l'environnement.

Ce poulet frit est issu de cellules multipliées en laboratoire
Ce poulet frit est issu de cellules multipliées en laboratoire © Memphis Meats

Ce n'est pas un scoop : l'un des plus gros pollueurs dans le monde c'est l'élevage. Il représente près de 15% des émissions de CO2 de la planète. Le rapport du Think Tank Terra Nova, publié la semaine dernière, rappelait par exemple que pour faire un kilo de bœuf il faut 13 000 litres d'eau, contre 50 litres pour un kilo de lentilles. Au-delà de l'aspect polluant, si on peut augmenter le bien être des animaux ce serait pas mal aussi. Parmi les axes de recherche, beaucoup travaillent sur la Clean Meat, la viande propre. La viande qui ne serait pas aussi polluante que celle issue de l'élevage des animaux. 

Et comment on fait de la viande propre?  En la fabriquant in vitro. Les chercheurs prennent des cellules sur un animal vivant et les font se multiplier dans du sérum de fœtus de veau, en les nourrissant avec des nutriments et de l'oxygène. Les scientifiques y travaillent depuis les années 50. Le premier steak est sorti du laboratoire d'un chercheur néerlandais en 2013. Son prix : 275 000 euros. 

Depuis, de plus en plus de startups, principalement aux Etats-Unis, se sont lancées dans la recherche. La plus en vue s'appelle Memphis Meats. Bill Gates et Richard Branson ont investi dans l'entreprise cet été. Elle est capable de produire de la viande artificielle de bœuf mais aussi de canard ou de poulet depuis avril dernier. Selon les journalistes qui ont pu la goûter, la viande de poulet serait un peu spongieuse mais aurait bien le goût de la volaille. En revanche, le prix est toujours élevé : 15 000 euros le kilo. La société espère diminuer ses coûts et rendre sa viande artificielle abordable d’ici 2021.   

De la viande qui ressemble à de la viande, qui a le goût de la viande mais... qui n'est pas de la viande.

C'est le pari de plusieurs entreprises, là encore américaines pour la plupart. Les plus connues se nomment Impossible Foods ou Beyond Meat. Elles proposent des hamburgers créés avec un mélange de végétaux. Impossible Foods a même réussi à rendre son steak saignant en ajoutant une molécule, l'hème, que l'on trouve dans la viande mais aussi dans certains végétaux. L'hème apporte le petit goût de fer et le côté juteux à la "viande végétale". Aux Etats-Unis, les ventes commencent à décoller. Les steaks végétaux qui ressemblent à du bœuf sont déjà vendus dans plusieurs centaines de magasins et de restaurants.  Signe de l'intérêt grandissant : Google a tenté de racheter Impossible Foods mais son patron a décliné l'offre de 300 millions de dollars.  

Du faux poisson à la tomate

La startup Finless Foods travaille également sur un poisson artificiel mais elle semble moins avancée que celles sur la viande. Une autre entreprise a décidé, elle, de s'attaquer au thon rouge dont la pêche est contrôlée pour éviter sa disparition. Elle a créé Ahimi. Là encore cela à la couleur du thon rouge, l'odeur du thon rouge mais... ce n'est pas du thon rouge. C'est de la tomate associée à quatre autres ingrédients d'origine végétale. Les vraies photos des sushis commercialisés sont moins appétissantes que celles sur le site de la startup. Mais si cela peut éviter la pêche intensive, on peut peut-être faire un petit effort. 

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