Créée par le studio parisien DVMobile, Alice n'est ni un film, ni un jeu vidéo, c'est un mélange des deux, avec du théâtre d'improvisation en plus.

Image extraite du jeu vidéo en réalité virtuelle tiré de l'univers d'Alice au pays des merveilles de Lewis Caroll
Image extraite du jeu vidéo en réalité virtuelle tiré de l'univers d'Alice au pays des merveilles de Lewis Caroll © DV Mobile

Alice, c'est une plongée dans le monde de l'héroïne de l'oeuvre de Lewis Carroll. Le spectateur est placé devant un grand rideau rouge, il est coiffé d'un casque de réalité virtuelle avant d'entrer dans une pièce. "A l'intérieur de ce casque ce que vous allez voir, c'est le même rideau rouge", explique Julien Abbou, directeur des opérations et associé de DVMobile. "Le rideau va s'ouvrir et vous avez le lapin d'Alice qui arrive et commence à vous parler". Dans son casque, le spectateur manipule des cartes, des champignons, répond au Lapin. Il le fait vraiment dans la réalité.

si vous touchez de l'herbe, il y a de l'herbe, s'il y a une odeur, vous la sentez

"Les personnages vont réagir en temps réel par rapport à ce que vous faîtes, par rapport à ce que vous dîtes, par rapport aux objets que vous touchez. Ces objets ont une vraie substance" décrie Julien Abbou. En fonction de ce que le spectateur fait, dit, l'histoire est différente. Une expérience interactive inédite d'une vingtaine de minutes qui mélange cinéma, jeu vidéo et théâtre d'improvisation.

De moins en moins regardée d'un œil méfiant voir moqueur par le monde du cinéma

C'est une petite révolution, Alice est en ce moment présentée à la Mostra de Venise. Le plus vieux festival de cinéma au monde a décidé de boire un élixir de jouvence. Cette année et c'est la première fois dans un grand festival, une compétition sera dédiée à la réalité virtuelle. 22 films sont en lice dont 4 français. La réalité virtuelle commence à être prise au sérieux. Cela a débuté par des festivals comme Sundance il y a quelques années mais le grand tournant a certainement eu lieu au festival de Cannes en mai dernier.

Quand l'oeuvre en réalité virtuelle d'un grand réalisateur s'est retrouvée en compétition

Alejandro Gonzalez Iñarritu y a présenté "Carne y Arena", une installation un peu comme celle d'Alice mais là très ancrée dans la réalité. Celle de clandestins sud-américains essayant de passer la frontière avec les Etats-Unis. Nus pieds, le spectateur se retrouve avec eux. Il sent le sable du désert mexicain sous ses orteils, le vent créé par les pales de l'hélicoptère qui les a repérés. Une expérience pour sensibiliser le public à ce que peuvent vivre ces migrants. La technologie bride encore les expériences mais nous vivons certainement la naissance d'une nouvelle forme de narration, d'un nouveau médium.

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